L’Unico présente des propositions pour mieux développer l’Afest

Après avoir mené 200 actions de formation en entreprises au cours d’un tour de France, Unico a rendu des propositions pour un meilleur développement de l’Afest (action de formation en situation de travail) vendredi 30 septembre à Paris. Unico est un réseau d’acteurs qui vise à promouvoir les « nouvelles ingénieries d’apprentissages en entreprise » dont les Afest sont une déclinaison méthodologique.

Par - Le 05 octobre 2022.

« L’Afest ne peut pas être présentée séparément de la formation interne, explique Vincent Morel, co-directeur d’Iccertis, l’une des trois structures à l’origine d’Unico. L’Afest peut être une modalité centrale, mais nécessite d’être complétée avec d’autres modalités, pour acquérir un socle de connaissances avant de passer à l’action. »

Pas de côté

Emmanuel Boulay, président de l’Ifpa et co-fondateur d’Unico insiste sur la différenciation entre un tuteur d’apprentissage et un accompagnateur Afest. « Les tuteurs sont dans la démonstration, explique Jérôme Mallet, co-directeur d’Iccertis. Un accompagnateur Afest doit faire un pas de côté par rapport à sa pratique professionnelle et prendre du temps pour instaurer un climat d’apprentissage. »

Réflexivité

Car la particularité de l’Afest est qu’elle doit se fonder sur la réflexivité et nécessite en tout premier lieu d’interroger ses pratiques professionnelles et son organisation : « qu’est-ce qu’on attend comme résultat lorsque l’on fait telle ou telle tâche ? » Cela nécessite « de professionnaliser les acteurs de l’Afest » et de leur proposer un accompagnement pédagogique bien plus important qu’aujourd’hui. L’Unico milite pour la création d’une certification. « Il faut que les experts métiers soient formés à mettre en place des interventions réflexives et à mener leur évaluation ».

Obstacles

Mais la mise en place de l’Afest à plus grande échelle se heurte toujours à certains obstacles. Les TPE (très petites entreprises), qui étaient les premières visées par la reconnaissance de cette modalité en 2018, restent encore éloignées des expérimentations. Unico plaide pour leur trouver de meilleures solutions de financement.

Prudence des entreprises

En ce qui concerne les demandeurs d’emploi, la difficulté est que l’Afest s’adresse à eux alors qu’ils ne sont pas salariés de l’entreprises qu’ils intègrent. « Tout stage n’est pas de l’Afest, rappelle Emmanuel Boulay. L’Afest nécessite une implication forte de l’entreprise, qui doit commencer par analyser son organisation du travail. » Toutes les entreprises ne sont pas prêtes à se lancer dans un processus compliqué, si à la fin le but n’est pas de former ou d’intégrer un salarié. Toutefois, il remarque que certains dispositifs (PEOC ou PEOI préparation opérationnelle à l’emploi collective ou individuelle) peuvent donner accès à l’Afest.

Organisation apprenante

Henri Occre, directeur associé de C-Campus, relève plusieurs points importants pour structurer cette modalité de formation : « l’Afest est une manière de mettre en place une organisation apprenante par le biais du management. Elle fait partie de la formation professionnelle mais n’est pas une fin en soi. Elle fonctionne si elle implique une rénovation des pratiques managériales et permet de revoir l’organisation du travail. » Dans les grandes entreprises, la mise en œuvre généralisée de l’Afest se heurte aux RH qui ont besoin de quantifier et de garder la maîtrise du plan de développement des compétences. Unico développe actuellement un logiciel qui permet de mécaniser et de comptabiliser le temps de formation mais qui s’adresse davantage aux TPE et PME.

Centre Inffo vous conseille également

Dalloz