Des « prépas apprentissage » pour sécuriser les parcours en alternance (Bourgogne Franche-Comté)

La question des freins à l’apprentissage a été longuement abordée lors des Master classes de l’alternance, le 12 mars à Beaune (Côte d’Or). Les intervenants ont souligné l’image négative, et souvent erronée, dont souffrait encore l’alternance : elle serait réservée aux « mauvais élèves », cloisonnée à certains métiers…L’importance de l’information et de l’orientation a ainsi été rappelée.

Par - Le 15 mars 2019.

Jean-Philippe Richard, président du Medef Bourgogne-Franche Comté, a insisté sur la nécessité de « faire entrer les jeunes dans les entreprises », afin de leur faire découvrir des métiers. Une mission de découverte que tente d’honorer la Région, en organisant des événements, notamment des salons, dans cette optique. Et en facilitant l’accès aux stages en entreprises à des élèves de seconde, dans le cadre des 53 heures dédiées à l’orientation prévues par la loi avenir professionnel.

Sécuriser les parcours

Mais selon Franck Charlier, conseiller régional délégué à l’apprentissage en Bourgogne-Franche Comté, la sécurisation de ces formations en alternance est également un aspect non négligeable pour les rendre attractives. En ce sens, il évoque les aides dont peuvent bénéficier les alternants, pour l’hébergement, la restauration ou encore le transport. Des aides dont l’avenir reste incertain avec la réforme, a souligné Franck Charlier. « La proximité des lieux de formation est aussi un vecteur d’attractivité quand on est apprenti, a-t-il remarqué, c’est pourquoi il faut sauvegarder les offres de proximité ». Une affirmation qui faisait écho à des inquiétudes exprimées quant au sort réservé aux CFA ruraux par la réforme.

Développer des « prépas apprentissage » ?

Mais la sécurisation des parcours passe également par une bonne préparation. « En apprentissage, le taux de rupture est de plus de 20 % », note Ourida Lebbal, directrice régionale d’Opcalia, organisateur de ces master classes. « Ces ruptures s’expliquent en partie par une préparation en amont insuffisante », analyse-t-elle. Lors de cette matinée d’échanges, l’Opco a donc choisi de mettre en avant son dispositif de préparation à l’apprentissage : Terre d’emploi. Le principe : identifier des jeunes issus des quartiers prioritaires de la Ville et des milieux ruraux et leur proposer une formation préalable à leur entrée en apprentissage dans des secteurs qui recrutent, notamment dans le milieu du sport. Avant d’entrer en CFA, ces jeunes suivent ainsi différents ateliers. Ils y acquièrent certaines connaissances, ainsi que des compétences professionnelles et personnelles, afin de faciliter leur insertion en entreprise et d’optimiser leurs chances de réussite dans leur parcours. De son côté, l’Agecif a présenté un dispositif similaire, à destination des travailleurs handicapés. Selon Franck Charlier, l’idée des préparations à l’apprentissage est « de bénéficier d’une étape préalable afin d’affiner son projet : on prend du temps avant afin d’en gagner par la suite. » En octobre dernier, le gouvernement a d’ailleurs lancé un appel à projets pour « déployer des prépas apprentissage ».

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