En surtension, le secteur transport-logistique peine à séduire

Les branches du transport et de la logistique connaissent une très importante déperdition de candidats et de personnes intégrées en entreprises à l’issue des parcours de formation, selon une étude présentée le 10 octobre par l’Association pour le développement de la formation professionnelle transport et logistique (AFT).

Par - Le 15 octobre 2019.

« Le transport et la logistique connaissent une surtension telle qu’il était devenu indispensable d’analyser les causes multiples qui provoquent une telle situation » explique Jean-Paul Deneuville, président de l’association. Le 10 octobre, l’AFT a donc présenté une étude sur 40 000 personnes sensibilisées, informées et orientées vers les métiers du transport-logistique. Il en ressort une énorme déperdition. Sur 1 000 personnes qui bénéficient d’une action de sensibilisation aux métiers donnée par la profession, seules 6 seront en entreprise, 8 mois plus tard

Dégradation continue

En effet, sur 1 000 personnes qui bénéficient d’une action de sensibilisation, seulement 100 manifestent ensuite un réel intérêt en participant aux réunions d’informations collectives de Pôle emploi, des missions locales, Cap emploi… Puis, seuls 50 candidats confirment leur intérêt pour un entretien individuel personnalisé avec un acteur de la profession. 30 d’entre eux acceptent d’entrer par la suite dans un vivier de recrutement, après un entretien et une évaluation de niveau et, finalement, 20 sont présentés aux entreprises. Au bout des 20 premières semaines de ce parcours de sélection, seuls 10 candidats sur les 100 initiaux sont retenus par les entreprises et les organismes de formation.

La dégradation s’accélère encore ensuite. 9 candidats sur les 10 sont reçus à l’examen final de la formation, 8 entrent en entreprise à l’issue de cette formation. Et, en fin de compte, au terme des 8 mois de parcours, seules 6 personnes sont effectivement en entreprise après une phase d’intégration !

Baisser l’âge du permis

« Cette étude montre qu’il est indispensable de sensibiliser toujours plus de personnes et d’élargir la voie d’accès au métier de conducteur, assure Jean-Paul Deneuville. 140 000 personnes l’ont été en 2018, 190000 le seront en 2019. Mais d’autres évolutions sont nécessaires ».

En termes réglementaire, L’AFT souhaiterait que soit ouvert beaucoup plus largement aux jeunes de 16 à 18 ans le droit à apprendre à conduire, et que soit développée la conduite encadrée en entreprise. « Baisser l’âge du permis est un impératif », commente le président.

En termes de formation, l’AFT compte favoriser les formations courtes et qualifiantes, et introduire les blocs de compétences pour les épreuves théoriques de la conduite. L’AFT a également mis sur pied un dispositif de réalité virtuelle de découverte des métiers d’agents d’exploitation, de conducteur routier de marchandises, de préparateur de commandes et de caristes ; et un simulateur de conduite poids lourds est déployé sur les salons et manifestations. Enfin, un scénario pédagogique dédié aux métiers du déménagement est actuellement en cours de réalisation.

 

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