Entreprises : grands groupes et start-up partagent leurs savoir-faire

Mobiliwork propose de mettre en relation de grands groupes et des start-up pour former les collaborateurs des premiers dans les secondes, au moyen d’une immersion de quelques semaines ou quelques mois.

Par - Le 03 décembre 2019.

« Nous voulions expérimenter de nouvelles façons de travailler et acculturer nos collaborateurs aux mutations permanentes du digital », explique Sarah Cosserat, responsable de projet en ressources humaines et communication chez Groupama. D’où l’idée, en 2017, de lancer un concours de start-up en ressources humaines, pour sélectionner quelques-unes de leurs propositions.

Parmi celles retenues par le groupe, celle de Mobiliwork, qui propose des mobilités temporaires de collaborateurs, pour développer leurs compétences et dynamiser leurs carrières. « Cela permet au collaborateur de se diversifier, d’évoluer, sans forcément avoir à rompre un contrat de travail, explique Jérôme Gonon, fondateur de Mobiliwork. L’entreprise, elle, peut adresser les enjeux de transformation qui sont les siens. La transformation d’un groupe passe par celle de ses salariés. »

Travailler les savoirs-être

Mobiliwork s’appuie sur l’Action de formation en situation de travail (Afest) et promet de travailler les savoir-être des collaborateurs qui expérimentent le dispositif, en particulier l’agilité, la capacité d’apprendre, l’audace et le leadership.

Jérôme Gonon se montre convaincu que de telles compétences s’acquièrent par l’expérimentation : « Ce n’est pas grâce à un Mooc [ 1 ]Massive On Line Open Course. En français, cours en ligne ouvert à tous ou même à la suite d’une formation en présentiel que l’on peut devenir agile. » Les grands groupes se montrent de plus en plus réceptifs à ce discours, selon lui, qui estime avoir de moins en moins besoin de convaincre du bien-fondé de sa proposition.

Manque de disponibilité

Groupama l’a mis en place pour un collaborateur, chef de projet digital, parti 6 mois début 2018. « Il a beaucoup apporté à la start-up qui l’a accueilli et cela s’est avéré enrichissant pour lui aussi », confie Sarah Cosserat. Elle estime que ce dispositif est gagnant pour toutes les parties prenantes. Difficile pour elle d’évaluer exactement la part due à l’immersion dans une start-up dans l’évolution du parcours du collaborateur. Toujours est-il que peu après son retour, il a connu une mobilité interne.

La principale difficulté ? Que le collaborateur dégage du temps, et que son manager le laisse partir, dans des équipes où la charge de travail est importante. Le frein au recours à ces immersions tient donc au manque de disponibilité des personnes. Et s’il y avait une précaution à prendre ? Bien préparer l’entreprise, le collaborateur, son manager, en amont et en aval, pour que le retour, lui, se passe bien, et que l’expérience puisse être valorisée.

Mobiliwork a aujourd’hui réalisé une centaine d’immersions, et Jérôme Gonon observe qu’elles sont proposées, par les employeurs, majoritairement à des profils cadres, du junior au dirigeant. Aucun secteur d’activité ne lui semble surreprésenté : « Tous ont besoin de se transformer », fait-il observer.

 

 

 

Notes   [ + ]

1. Massive On Line Open Course. En français, cours en ligne ouvert à tous

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