L’Infrep de la Manche mise sur l’escape game pour s’évader et apprendre

Depuis deux ans, l’Institut national de formation et de recherche sur l’Éducation permanente de la Manche expérimente l’introduction de jeux d’évasion dans ses dispositifs pédagogiques. Préparation au recrutement, mise en application des enseignements : ces jeux d’équipes permettent de créer des situations nouvelles, ludiques et décontextualisantes, pour l’apprentissage et pour l’évaluation.

Par - Le 13 septembre 2019.

Un microscope, quelques éprouvettes, des ordinateurs et, tout autour, une petite équipe de « chimistes » qui s’affaire, résolvant les énigmes, explorant minutieusement chaque recoin de la pièce à la recherche d’indices cachés. Les horloges murales sont démontées. Deux « chercheurs » s’interrogent sur une méthode de multiplication japonaise. Le scenario est apocalyptique : si la formule du vaccin n’est pas retrouvée dans l’heure, une épidémie balaiera la planète. Pour s’en sortir dans les temps, de nombreux calculs, simples mais astucieux, s’avèrent nécessaires, mais aussi de la logique, de l’intuition et du travail d’équipe.

Cette équipe de « chercheurs » d’un jour était constituée de stagiaires du programme Réussir, accompagnés pour l’occasion de quelques partenaires de l’Infrep venus tester le dispositif [ 1 ]Escape games : jeux coopératifs dans lesquels les participants doivent résoudre une série d’énigmes, souvent dissimulées dans le décor, pour gagner le droit de sortir d’une pièce. : des agents de Pôle emploi, de la Région Normandie, ou même de la Dirrecte avaient revêtu la blouse blanche.

Un contexte ludique

« Depuis plusieurs années, nous cherchions des moyens de décontextualiser des apprentissages ou des connaissances », explique Nelly Tridera, coordinatrice pour l’Infrep de la Manche. L’organisme propose des formations dans l’animation socio-culturelle, le commerce, la propreté, ainsi que des remise à niveau sur le socle de compétence. Il intervient aussi dans les domaines de l’insertion et de l’orientation.

Souvent, des éléments qui semblent acquis dans le contexte de la formation se révèlent très difficiles à mettre en œuvre pour les apprenants dans des contextes qui les bousculent. « Nous le faisions par des mises en situation métiers, mais le grand boom des escape games nous a donné des idées : nous y avons vu l’occasion de les mettre dans une situation qui n’est pas une situation professionnelle, qui peut mettre certains stagiaires très mal à l’aise, mais de jeu, qui peut être plus facile et plus stimulante. »

Programme européen

De temps à autres, le téléphone sonne, et des indices sont distillés à la petite équipe, au gré des besoins, par une animatrice cachée dans une autre pièce. L’exercice se révèle franchement difficile. « En réalité, ce scenario-ci est proposé après tout un parcours, précise Nelly Tridera. À ce stade, les stagiaires ont déjà joué dans des scenarios autour des homophones, des fractions, de la nature des mots. Ils savent comment réagir dans ce type de jeux. » 

Dans la pièce d’à côté, un autre groupe joue aux recruteurs. Ils doivent trouver comment déverrouiller les ordinateurs afin d’accéder aux attestations de compétences des candidats et d’affiner leur sélection. « C’est bien de se trouver de l’autre côté de la barrière, admet l’une des stagiaires. Cela met en confiance. Le fait d’être à plusieurs, d’échanger des idées, aide énormément aussi. » Le dispositif, expérimental, est bien sûr coûteux pour la structure. Il est notamment soutenu par le programme européen MobilBE.

Notes   [ + ]

1. Escape games : jeux coopératifs dans lesquels les participants doivent résoudre une série d’énigmes, souvent dissimulées dans le décor, pour gagner le droit de sortir d’une pièce.

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