CFA d’entreprise : des projets en bonne voie malgré la crise 

Au ministère du Travail, le 2 juillet, plusieurs grandes entreprises ont confirmé leur engagement dans des projets de création de centres de formation d’apprentis (CFA). Leurs réflexions et leurs retours d’expérience ont alimenté le guide « Créer son CFA d’entreprise » réalisé par la Fondation innovations pour les apprentissages (Fipa).

Par - Le 06 juillet 2020.

Nourrir les réflexions des entreprises qui s’interrogent sur l’opportunité de créer leur propre CFA et leur fournir un mode d’emploi complet pour mener à bien leur projet : c’est ce que propose la Fondation innovations pour les apprentissages (Fipa) avec son guide « Créer son CFA d’entreprise ». Fruit des retours d’expérience d’une dizaine de grandes entreprises, ce document de plus de 100 pages a été remis, jeudi 2 juillet, à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. A cette occasion, cinq groupes ont confirmé leur engagement dans des projets de transformation ou de création de CFA. Des initiatives saluées par Muriel Pénicaud.

Maintenir le cap, malgré la crise

Continuer à investir dans des CFA, dans cette période de crise, constitue à ses yeux « un signe d’espoir et de confiance ». Si les initiatives de ces « entrepreneurs de l’apprentissage » sont si importantes aux yeux de Muriel Pénicaud, c’est parce qu’il y a une dynamique positive. De plus en plus de jeunes choisissent l’alternance. Sur Parcoursup, 158 000 candidats ont formulé au moins une demande d’inscription en apprentissage contre 146 000 en 2019 (+8%). Et sur la plate-forme Affelnet (orientation après la classe de 3ème), les vœux en faveur de l’apprentissage ont augmenté de 5% en un an pour atteindre les 195 000. La demande est là, « c’est pour ça qu’il faut continuer à investir, malgré la crise », soutient la ministre du Travail en détaillant les mesures prises par le gouvernement pour sécuriser la rentrée.

Recruter dans des secteurs en tension

Message entendu. Les projets engagés par les grandes entreprises qui ont contribué à la réalisation du guide de la Fipa sont aujourd’hui en bonne voie. Le groupe Saint-Gobain s’est lancé dans l’aventure pour former et recruter des jeunes aux métiers de la maintenance et du commerce. Son CFA accueillera 70 apprentis à la rentrée. D’ici à trois ans, le nombre de jeunes formés au sein de cette structure devrait atteindre les 250. Former et recruter dans le domaine de la maintenance, c’est également l’objectif visé par le groupe Engie. Son CFA « hors les murs » débutera ses activités en novembre avec une promotion de 50 apprentis. Mais pour satisfaire ses besoins en recrutement à moyen terme et se constituer un vivier de jeunes talents, le groupe compte former jusqu’à 1000 jeunes d’ici quatre à cinq ans.

Former à des métiers émergents

Le groupe Lactalis qui fait face, lui aussi, à des difficultés de recrutement (350 postes à pourvoir) prévoit de former dans les trois ans à venir jusqu’à 150 jeunes chaque année. Son CFA basé au siège à Laval ouvrira ses portes en septembre 2021 et proposera plusieurs cursus : production, maintenance et commerce. De son côté, Orange s’apprête à ouvrir plusieurs parcours débouchant sur des métiers émergents — cybersécurité, cloud, data, intelligence artificielle, etc. – en s’appuyant sur un réseau d’établissements partenaires. Son CFA « hors les murs » débutera ses activités en septembre avec une promotion d’une centaine d’apprentis. Dans le cadre de ce projet, l’opérateur mise sur le digital — pour former sans contraintes géographiques –, et sur la mixité des publics. Son CFA accueillera des apprentis mais aussi des salariés en reconversion. De son côté, le groupe La Poste, qui dispose déjà de trois CFA « hors les murs », entend poursuivre sur sa lancée en développant de nouvelles implantations géographiques et en continuant à recruter une partie de ses apprentis dans les quartiers prioritaires.

Préparer la relance

Quel que soit le modèle économique sur lequel repose leur CFA, ces grandes entreprises misent sur l’apprentissage pour résoudre leurs difficultés de recrutement et disposer de compétences adaptées aux particularités de leurs activités. Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF et président de la Fipa, en est convaincu : « Les CFA d’entreprise apportent des réponses complémentaires au défi du développement des compétences pour des métiers très spécifiques et en particulier les métiers en tension. » S’engager dans de tels projets, malgré la crise économique, devrait permettre à ces entreprises d’être mieux armées en compétences, une fois la crise passée.

 

CFA d’entreprise : mode d’emploi

Le guide de la Fondation innovations pour les apprentissages (Fipa) détaille tous les tenants et aboutissants de la création d’un CFA d’entreprise : modèle économique, financement, missions et obligations des établissements, aspects pédagogiques, qualité de la formation. Cet outil d’aide à la décision comporte notamment une grille de questions destinée à évaluer l’opportunité de créer un CFA. Pour le réaliser, la Fipa a réuni un groupe de travail composé de 11 entreprises qui apportent leurs témoignages. Ce partage d’expériences va se poursuivre après la publication du guide. La Fondation s’apprête à animer des ateliers pour favoriser les échanges. Le premier, organisé à distance, se déroulera le 23 juillet.

Le guide est téléchargeable sur le site de la FIPA

 

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