« La formation ouverte et à distance vit un moment historique » (Jacques Bahry, FFFOD)

La FOAD (formation ouverte à distance) connaît un développement sans précédent, qu’il faut poursuivre grâce à un souci constant de ré-ingénierie pédagogique, assure Jacques Bahry, réélu à la présidence du Forum des acteurs de la formation digitale (FFFOD), mardi 16 juin.

Par - Le 18 juin 2020.

Vice-président de Centre Inffo, expert pour la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et membre de la commission évaluation de France compétences, Jacques Bahry a été réélu président du FFFOD, Forum des acteurs de la formation digitale, le 16 juin. Il occupe cette fonction depuis 1995, date de création du forum. Et pour lui, la situation de la formation digitale est historique.

« Eviter l’amateurisme »

« Avec la crise sanitaire, on est passé de quelques milliers d’utilisateurs de la FOAD à plusieurs millions, c’est un changement d’échelle fondamental, un développement quantitatif énorme », constate-t-il.

Selon lui, ce développement comporte « beaucoup de bon » : 2 millions d’écoliers s’y sont mis, 400 000 enseignants se sont inscrits sur les sites de l’Education nationale pour délivrer des cours à distance, la formation continue en entreprise, l’apprentissage… ont eu recours également à la FOAD, tout comme l’enseignement supérieur.

Mais il y a eu aussi du « moins bon : du travail d’amateur consistant à simplement mettre en ligne ou en vidéo des cours écrits, sans re-ingénierie pédagogique ». Quoi qu’il en soit, conclut-il, « cet épisode ne restera pas sans suite ».

Mais, prévient Jacques Bahry, la généralisation de la FOAD en France passera par le respect de quelques points fondamentaux portés par le FFFOD : un parcours de formation à distance nécessite une ré-ingénierie pédagogique « aux antipodes d’une simple transposition des contenus présentiels » ; l’accompagnement joue un rôle essentiel dans la réussite d’un parcours de formation ; il est primordial de travailler à l’individualisation de la formation ; et, enfin, la formation en ligne peut s’appuyer sur des outils du web grand public, « mais elle est optimisée par la mobilisation d’outils qui lui sont spécifiques ».

« Soutenir le télétravail »

L’enjeu de la FOAD est d’autant plus important, assure Jacques Bahry, qu’il rencontre celui du télétravail. « Télétravail et FOAD même combat, même besoin. Il faut débloquer les choses, renforcer la qualité de connexion sur tout le territoire. » Télétravail et FOAD appelleront deux débats : sur l’organisation physique du foyer (comment aménager ses locaux pour travailler et se former) et sur l’organisation du temps familial (comment définir des temps choisis). Le FFFOD doit aider à créer cet environnement, propose le président.

Jacques Bahry est en effet convaincu que, face à la crise économique et aux énormes problèmes d’emploi qui menacent, seul un changement d’échelle de la FOAD et du télétravail est en mesure d’apporter des réponses aux besoins de production, de formation, de changement de qualification, d’insertion des jeunes via l’apprentissage…

Mais, prévient-il, « le pire danger serait de la quantité sans qualité, ce qui décevrait tout le monde ».

Le bureau a été reconduit dans son ensemble et quatre nouvelles têtes font leur entrée au conseil d’administration : Anne-Valérie Aujames (CFA Pôle Pasteur), Cécile Cochard (Fun Mooc), Frédéric Creuwels (UIMM), Marc Poncin (Icadémie).

Une délégation à l’apprentissage a été créée et confiée à Olivier Kirsch, directeur du Gifod.

Autres membres élus du bureau, outre Jacques Bahry : Bernard Blandin (Cesi) ; Sabrina Dougados (Fromont Briens) ; Olivier Kirsch (Gifod) ; Victoria Peres-Labourdette (E-Greta) ; Noria Larose (Nelle et Associés) ; Françoise Gérard (Centre Inffo) ; Thierry Koscielniak (Cnam) ; Gilles Macchia ( CFPB) ; Sarah de la Morandière (Cafoc Versailles) ; Jean-Luc Peuvrier (Stratice) ; Jean-Michel Porceddu (Eduter CNPR) ; Loïc Tournedouet (Afpa) ; Jérôme Villot (CNED).

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