Le Fffod appelle à réinventer la formation

Pionnier de la formation à distance, le Forum des acteurs de la formation digitale (Fffod) invite, dans une tribune publiée mardi 2 juin sur son site, à inscrire durablement le distanciel dans les pratiques de formation. Et se propose d’accompagner le mouvement.

Par - Le 05 juin 2020.

Quand le Fffod[ 1 ]Centre Inffo est membre du Fffod. et ses membres se déclarent « pionniers » de la formation à distance, il faut bien se rappeler que l’association, présidée depuis sa création par Jacques Bahry, est sortie de terre en 1995. Un hier à la fois relativement proche et d’un tout autre monde si l’on s’en tient à internet : « Même avec un modem ultrarapide (28,8Kbits/s), le temps d’affichage d’une page n’a rien à envier au Minitel », écrivait alors L’Usine Nouvelle (1995, l’année internet). Depuis, la fibre s’est imposée et 25 ans ont vu le Fffod et ses membres accompagner et promouvoir le développement de la multimodalité en formation. Cette expertise, le Fffod l’a rappelée et mise à disposition de tous dès le déclenchement du confinement imposé par la pandémie coronavirus-Covid-19.

Des limites de l’improvisation

Maintenant que l’urgence est passée, le Fffod lance un appel pour « inventer ensemble la formation de demain ! » Car après avoir déployé le télétravail en un temps record et s’être efforcés d’assurer la continuité pédagogique, l’heure est maintenant venue pour les acteurs nouvellement engagés dans la formation à distance de professionnaliser leur pratique. L’occasion pour le Fffod, qui n’a jamais survendu l’usage des technologies ou minimisé les investissements nécessaires, de souligner les limites des dispositifs bricolés à marche forcée : « Nous voulons attirer votre attention sur les artefacts qui proposent aujourd’hui une forme dégradée de la formation à distance », avertit dans la tribune du Fffod Aurélia Bollé, déléguée générale de l’association.

Respecter les fondamentaux

D’où quelques points de vigilance que le Fffod juge utile d’évoquer au regard de certaines pratiques observées durant le confinement. Premièrement, une formation à distance n’est pas la transposition en ligne de contenus présentiels mais suppose une véritable ré-ingénierie pédagogique de parcours. Deuxièmement, le distanciel ne doit en aucun cas être synonyme d’isolement et nécessite un accompagnement, dont le Fffod rappelle qu’il s’impose depuis la loi du 5 septembre 2018 relative à la liberté de choisir son avenir professionnel (voir encadré). Troisièmement, la formation à distance ne saurait exclure la notion de positionnement et d’individualisation. Enfin, si le recours massif aux outils du web grand public a facilité le déploiement rapide de solutions distancielles durant la crise, le Fffod estime que « la formation en ligne est optimisée par la mobilisation d’outils qui lui sont spécifiques ».

FORMATION À DISTANCE : UN DISPOSITIF ENCADRÉ
L’article 1 du décret n° 2018-1341 du 28 décembre 2018 relatif aux actions de formation et aux modalités de conventionnement des actions de développement des compétences indique que « la mise en œuvre d’une action de formation en tout ou partie à distance comprend :
1° Une assistance technique et pédagogique appropriée pour accompagner le bénéficiaire dans le déroulement de son parcours ;
2° Une information du bénéficiaire sur les activités pédagogiques à effectuer à distance et leur durée moyenne ;
3° Des évaluations qui jalonnent ou concluent l’action de formation ».

Positionné comme « interlocuteur des pouvoirs publics pour définir les bonnes pratiques de la multimodalité respectueuses du cadre juridique et des objectifs d’apprentissage », le Fffod réaffirme son « exigence de qualité » et plaide pour une transformation en profondeur du monde de la formation. Pour rejoindre la communauté des acteurs de la formation multimodale : Courriel: aurelia.bolle [at] fffod.fr (remplacez les indications entre crochet)

Notes   [ + ]

1. Centre Inffo est membre du Fffod.

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