Les bonnes pratiques pour déployer une “alternance socio-responsable”

Vous avez dit formation en alternance “socio-responsable” ? Explications, à l’occasion de la publication par l’Afnor d’un guide coécrit par le consortium FormALT, qui réunit des acteurs pour la formation et l’emploi en Auvergne-Rhône-Alpes.

Par - Le 28 février 2020.

Afnor Spec X50-301, tel est le nom de code de ce document, optionnel et d’application volontaire, qui décrit les bonnes pratiques que tout acteur peut adopter, en Auvergne-Rhône-Alpes comme ailleurs, en vue du déploiement d’une “alternance socio-responsable”. Un concept qui, nous résume David Lahille, membre du consortium FormALT (voir encadré), “garantit l’implication des acteurs pour l’amélioration de la performance collective, dans le respect des intérêts individuels”.

Pourquoi le choix d’Afnor Spec ? “Une norme classique requiert vingt-quatre à trente-six mois de travail, alors qu’Afnor Spec permet de créer une sorte de pré-norme en deux ou trois mois, qui pourra ensuite évoluer vers une norme si le marché s’en empare”, explique-t-il.

Conçu en écho à la loi Avenir professionnel qui réforme l’apprentissage, Afnor Spec X50-301 vise, selon ses concepteurs, à “dépasser les difficultés rencontrées par la diversité des formats d’information et de règles, qui entravent le partage de l’information sur l’offre et la demande d’alternance”.

Confiant dans la capacité du collectif à créer de l’agilité, le consortium propose trois périmètres d’action. Le premier s’adresse aux acteurs du contrat et place l’organisme de formation au cœur du dispositif, avec l’objectif de disposer d’un document de référence pour assurer un suivi personnalisé du bénéficiaire de l’alternance tout au long de son parcours. Le second concerne les acteurs de la filière, invités à s’emparer d’une syntaxe commune afin de favoriser une nouvelle manière de travailler, à la fois plus collective et soucieuse de la préservation des intérêts de chacun. Ciblé sur les acteurs du territoire, le troisième niveau pose la question stratégique du pilotage. Il s’agit de permettre aux décideurs de détecter les problèmes territoriaux en leur donnant un accès structuré à des données pertinentes et de confiance.

“Hub multimodal territorial”

En termes d’outillage, le projet FormALT repose sur une API[ 1 ]Interface de programmation d’application ou interface de programmation applicative, une API permet d’établir des interactions entre systèmes informatiques tiers. À titre d’exemple, l’appli CPF se nourrit d’API qui permettent d’interroger des systèmes d’information tiers. présentée par Franck Aigloz, éditeur de Hub3E Technologies[ 2 ]Hub3E est un logiciel qui permet d’optimiser le taux de remplissage des CFA. : “L’objectif est de créer un hub multimodal territorial de l’alternance, pour faciliter et fluidifier le traitement des candidatures, de la création du dossier au placement du jeune.” Il le précise, un “extracteur de données” est également prévu pour alimenter les tableaux de bord d’un observatoire de l’alternance.

Label

Membre du consortium et directeur Développement & innovation chez FormaSup Ain Rhône Loire, Abdeltif Mezziouane ne cache pas qu’il s’est d’abord interrogé sur la plus-value de FormALT pour la stratégie de développement de son CFA, “au-delà de l’intérêt général”. Aujourd’hui, son espoir est triple : “Bénéficier d’un observatoire des besoins des entreprises en temps réel ; aider les jeunes à trouver des formations grâce au partage d’informations ; disposer d’une interface et de la coopération de l’ensemble des acteurs, Opco y compris…”

Conscient de la question du retour sur investissement, le consortium envisage de créer un label FormALT, qui pourrait constituer un élément territorial différenciateur. Déployable au niveau national, l’avenir de FormALT dépend aujourd’hui d’une expérimentation territoriale à déployer sur les départements de Savoie et Haute-Savoie.

Selon Cyrille Simminger, directeur Auvergne-Rhône-Alpes d’Akto, réseau Opcalia, le budget total de l’expérimentation est de 395 840 euros HT, financé à 20% sur les fonds propres des contributeurs du consortium FormALT et à 80% dans le cadre du Pic Innovation Auvergne-Rhône-Alpes.

FormALT, un consortium extensible

Né en 2018, le consortium FormALT est aujourd’hui composé de la Direccte Auvergne-Rhône-Alpes, de l’académie de Lyon, de Pôle emploi, d’un Opco (Akto), d’organismes de formation (Ecoris, Formasup, Ifir), de conseil (Raid) et de services (Link Part, Home In Love). Ouvert à d’autres acteurs, FormALT espère notamment s’enrichir d’autres opérateurs de compétences dans les mois à venir.

 

 

Notes   [ + ]

1. Interface de programmation d’application ou interface de programmation applicative, une API permet d’établir des interactions entre systèmes informatiques tiers. À titre d’exemple, l’appli CPF se nourrit d’API qui permettent d’interroger des systèmes d’information tiers.
2. Hub3E est un logiciel qui permet d’optimiser le taux de remplissage des CFA.

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