L’exécutif annonce un grand plan de soutien pour l’emploi des jeunes

A l’occasion de son interview du 14 juillet, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé un grand plan de soutien pour l’emploi des jeunes. Lors de son discours de politique générale, le 15 juillet, le Premier ministre Jean Castex a confirmé le déploiement de 300 000 contrats d’insertion et l’ouverture de 200 000 nouvelles formations.

Par - Le 16 juillet 2020.

« La clé, encore et toujours, c’est la formation, a déclaré le Premier ministre. Dans une économie qui évolue très vite, le développement des compétences est la meilleure des protections pour garder, trouver ou retrouver un emploi. Sur ce sujet, beaucoup a été fait depuis 2017. Mais nous devons faire plus encore, en investissant 1,5 milliard supplémentaire dans la formation, et en invitant les Régions à amplifier leurs interventions propres. »

Et d’ajouter : « Les personnes qui s’orienteront vers les formations dans ces secteurs en tension verront leur compte personnel de formation abondé. Nous nous fixons un objectif de 200 000 places supplémentaires de formation en 2021, notamment au bénéfice des jeunes et des demandeurs d’emploi. »

Dans la méthode, l’acte 2 du quinquennat replace les partenaires sociaux et les territoires au centre des discussions et de la mise en œuvre des plans d’actions. Une orientation politique portée par le parcours et le profil d’Élisabeth Borne, la nouvelle ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, qui a déjà conduit de délicates concertations à la tête du ministère des Transports.

Trois ans de réformes à un rythme soutenu

Sa prédécesseure, Muriel Pénicaud, aura mis en œuvre les grandes mesures sociales de l’acte 1 du quinquennat d’Emmanuel Macron, marqué par une volonté affirmée de réformes. Issue de la société civile, l’ex-directrice des ressources humaines de Danone prend la tête du ministère du Travail en 2017 avec une feuille de route chargée, un agenda serré et une exigence de résultats. En trois ans, elle enchaîne à un rythme soutenu des réformes fortes et structurelles.

Début 2018, la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage est lancée. La rue de Grenelle promet un “big bang”. La loi “Avenir professionnel” du 5 septembre 2018, construite dans l’été, renverse la table. La gouvernance du système échappe aux partenaires sociaux pour être confiée à une nouvelle instance nationale quadripartite. France compétences gère les enveloppes financières des contributions des entreprises et pilote l’exécution d’une réforme articulée autour d’une nouvelle démarche qualité et d’une refonte des certifications professionnelles.

Au centre de l’écosystème, France compétences observe et régule. Les branches professionnelles, quant à elles, sont invitées à restructurer leurs Opca autour de 11 opérateurs de compétences représentant les grandes filières économiques.

L’acte 2 sous le signe de la crise économique

L’apprentissage change, lui aussi, de paradigme à marche forcée. Enlevé aux Régions, libéralisé, financé au coût-contrat défini par les branches, il bénéficie d’une campagne de communication et retrouve une nouvelle dynamique dès la rentrée 2019.

Emblématique d’une réforme de rupture, le nouveau compte personnel de formation à la seule main des actifs bouscule les habitudes d’intermédiation. Son application mobile sera lancée en plein cœur des Halles, à Paris, en novembre 2019, posant la dernière pierre du nouvel édifice.

Ces deux dernières années, le monde de la formation s’est engagé dans une grande transformation tant dans ses pratiques que dans ses modèles économiques. Avant que la crise née de la pandémie ne frappe de plein fouet l’économie, le nouvel écosystème se structurait. À son arrivée rue de Grenelle, Élisabeth Borne, et sa ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert, peuvent s’appuyer sur une réforme menée au pas de charge, mais aboutie.

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