Sara Croüs, consultante : “Maîtriser de nouvelles compétences afin que personne ne soit laissé pour compte”

A quoi pourrait ressembler la réponse d’un passant si on l’interrogeait sur ce qu’évoque pour lui la formation continue ?

Par - Le 29 avril 2020.

Il est fort à parier que sa réponse pourrait inclure tout ou partie des éléments suivants :

  • “Reprendre ses études, c’est un vrai parcours du combattant en termes de démarches administratives.”
  • “J’aimerais changer de métier, mais je crains que ma reconversion professionnelle tardive soit mal perçue par un recruteur.”
  • “Il n’existe pas – ou peu – de formations académiques dans le domaine qui m’intéresse, car le métier en question existe depuis seulement quelques années.”
  • “Je ne sais pas quel(s) professionnel(s) peuvent me conseiller pour m’aider à trouver le métier qui me correspond, car celui que j’exerce aujourd’hui n’est pas ma réelle vocation.”
  • “Aller à l’école m’a traumatisé.e lorsque j’étais jeune, et je ne me sens pas capable de reprendre mes études aujourd’hui car je ne souhaite par revivre ces mauvais souvenirs.”
  • “J’ai repéré un métier qui m’intéresse beaucoup, mais je suis salarié.e et je n’ai pas la possibilité de faire un stage pour m’assurer que ce métier est vraiment fait pour moi avant de m’engager dans un parcours de formation.”
  • “Je présente une situation de handicap invisible, mais je n’ose pas en parler aux organismes de formation que je sollicite, de peur que toutes les portes se referment devant moi.”

Ce que nous enseignent ces diverses possibilités de réponses, c’est qu’encourager une société par les compétences doit être envisagé tout au long de la vie d’une personne. Cela nécessite également de ne pas seulement considérer ce que l’on apprend, mais aussi comment sont enseignées ces compétences, et comment sont acceptés les besoins spécifiques des apprenants.

Par ailleurs, nous devrons tous maîtriser de nouvelles compétences à court, moyen et long termes afin que personne ne soit laissé pour compte dans ce virage que représente la troisième révolution industrielle, la révolution du numérique. Pouvons-nous cependant affirmer haut et fort que chacun d’entre nous a les mêmes chances de bénéficier d’un parcours de formation adapté pour acquérir d’autres compétences ou approfondir celles dont il dispose déjà ?

La loi du 5 septembre 2018 s’intitule “Pour la liberté de choisir son avenir professionnel”. La notion de liberté renvoie immanquablement à celle de l’autonomie, qui reste nécessaire et précieuse. Cependant, l’autonomie ne doit pas être confondue avec l’isolement, voire l’abandon de ceux qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour pouvoir réfléchir, et ce à tout âge, sur leurs aspirations professionnelles. L’individu ne doit pas être le seul acteur de l’évolution de la trajectoire de son parcours professionnel. Ainsi, les entreprises ayant mis en œuvre depuis de nombreuses années une démarche de GPPEC se doivent d’accompagner l’ensemble de leurs salariés concernés pour anticiper l’inévitable transformation de leur métier.

 

 

La crise sanitaire génère des situations nouvelles pour les individus, les entreprises, sommés d’inventer de nouveaux modes d’action.

Le master Management de la formation de l’Université Paris-Dauphine PSL et Centre Inffo ont lancé un appel à contributions en direction des professionnels de la formation pour connaître leurs analyses, projections, projets, attentes, engagements pour le “monde d’après”.

Les contributions seront publiées dans Le Quotidien de la formation et disponibles sur le site et les réseaux sociaux de Centre Inffo.

 

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