La montée en compétences possible grâce aux mises en commun (Spring School des Cités des métiers)

La deuxième journée de la Spring School du réseau international des Cités des métiers a permis de se pencher sur la coopération entre partenaires pour répondre aux besoins de compétences des entreprises comme des apprenants.

Par - Le 08 juin 2021.

L’union fait la force. C’était, à gros traits, le propos de la deuxième table ronde du jeudi 3 juin, à la Spring School du réseau international des cités des métiers. Elle s’est focalisée sur la coopération multi-partenariale, « réponse aux enjeux européens en matière d’orientation tout au long de la vie ».

Pour le contexte, Joost Korte, directeur général de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion à la Commission européenne rappelle que lors du sommet européen social de Porto des 7 et 8 mai 2021, les responsables politiques ont « renforcé leur engagement en faveur du socle européen des droits sociaux ». Celui-ci prévoit que d’ici à 2030 au moins 60 % des adultes participent chaque année à des actions de formation, contre 37 % actuellement. Car le développement des compétences n’est « pas encore une réalité » dans toute l’Union européenne (UE), dit Joost Korte. À peine 0,5 % de son PIB y est investi, contre 4,7 % pour l’enseignement public et l’offre de formation au sens large.

Pour parvenir au taux de 60 %, il faut des « partenaires solides et efficaces ». Exemple type : les Cités des métiers hôtes de la rencontre virtuelle. Mais il faut aussi se doter d’outils adéquats comme le compte de formation individuel. Il peut prendre la forme du compte personnel de formation (CPF) français ou de chèques formation, par exemple.

Impossible de répondre seul à la demande

Auteur en 2020 d’un rapport pour la Commission européenne sur l’orientation tout au long de la vie au sein de l’UE, Raimo Vuorinen, chef de projet à l’Institut finlandais pour la recherche en éducation observe que des administrations ou des branches d’activité, « aucun ne pourrait répondre seul à la demande accrue de services en formation ». Il apparaît donc impératif de se doter de stratégies conjointes avec à la clé la nécessité de s’accorder sur les objectifs visés, les moyens pour y arriver mais aussi une compréhension commune du sujet.

Un exemple concret est fourni par Raquel Gil, présidente déléguée à la coopération internationale du réseau international des Cités des métiers : Barcelone a connu un accroissement du chômage du fait de la pandémie, passant de 69 000 personnes sans emploi en décembre 2019 à 95 000 un an plus tard. « Nous aidons les personnes à transiter d’un secteur économique à un autre avec plus de formation, notamment en matière numérique », relate-t-elle. En cherchant à se « recentrer » sur les individus, la ville a renforcé son analyse des besoins des entreprises tout en mettant en contact plus tôt les jeunes et de possibles employeurs dans le cadre de l’orientation professionnelle. Les organisations syndicales participent aussi à cette stratégie de l’emploi.

« Nous avons un défi en matière de gouvernance », ajoute-t-elle. « En tant que ville, nous sommes en bout de chaîne. Nous devrions pouvoir participer à la conception des politiques de formation, pas seulement à leur mise en œuvre. »

Pôles formation emploi

Tandis qu’à Bruxelles la coopération entre l’enseignement public obligatoire et la Cité des métiers s’est développée pour se doter d’une « approche systémique de l’orientation », c’est la tranche d’âge des 30-49 ans qui la visite le plus. Le chiffre est donné par Bernard Clerfayt, ministre du gouvernement de la région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’emploi et et de formation professionnelle. Les moins de 25 ans représentent un visiteur sur cinq et les plus de 50 ans, un sur dix. « Face au risque de faillites en période de crise, l’orientation tout au long de la vie va prendre une importance particulière », appuie-t-il.

D’où une importance également accrue de la coopération entre acteurs. À Bruxelles, des « pôles formation emploi » sont en train d’être créés. Ces partenariats public/privé doivent rapprocher les services publics des branches industrielles. Ils sont déjà montés pour quatre secteurs d’activité pour anticiper leurs besoins et moderniser les offres de formation destinées à leurs salariés et aux demandeurs d’emploi. Reste à les étendre aux autres branches

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