Les dispositifs de formation des professionnels analysés par le Rumef

La deuxième journée du colloque 2021 du Réseau des universités préparant aux métiers de la formation a été l’occasion de détailler deux retours d’expérience de formation de professionnels.

Par - Le 26 mars 2021.

Vendredi 19 mars 2021, l’un des ateliers du colloque du Rumef (pour Réseau des université préparant aux métiers de la formation) s’est penché sur la qualification des professionnels. Deux exemples étaient à l’étude : les formateurs du réseau des écoles de la deuxième chance (E2C) et les conseillers en évolution professionnelle (CEP).

Former les formateurs dans les E2C

Le réseau E2C, qui compte 15 600 apprenants dans 133 sites-écoles (chiffres 2019), a opté pour une démarche pédagogique axée sur des parcours individualisés en alternance. D’une durée moyenne de six mois, ils permettent à de jeunes adultes sans qualification ni emploi d’acquérir des compétences en lien avec des projets d’école et des stages. Une « charte des principes » a été élaborée en son sein, soulignant la visée de l’acquisition d’un portefeuille de compétences plutôt que d’un diplôme.

S’appuyer sur la démarche d’APC (pour apprentissage par les compétences) nécessite de former les équipes pédagogiques. Un guide d’une trentaine de pages a été rédigé à ces fins et une « grosse phase de formation » a été lancée en 2018, expose Remi Briffox, responsable développement des compétences au sein du réseau. Il s’agit de former les 1 200 salariés des E2C pour qu’ils puissent se « reconnaître compétents collectivement et individuellement ». Cela passe par quatre étapes, à commencer par une formation inter-E2C pour « comprendre les démarches et les clés ». Suit la mise en place d’une « formation-action » dans chaque école pour répondre à ses problématiques propres. Certains salariés sont ensuite sélectionnés pour devenir formateurs de leurs collègues du réseau et ainsi permettre une phase de perfectionnement des pratiques pédagogiques sur l’APC.

« [On te forme mais] on ne t’explique pas l’objet » du CEP

Ces derniers mois, plusieurs chercheuses de l’université de Lille se sont penchées sur l’impact de la réforme de la formation professionnelle de 2014 sur la professionnalisation des conseillers, à travers le CEP. Ce dispositif, en rupture avec les anciennes pratiques, « a invité le conseiller à repenser sa relation au bénéficiaire », précise Ioana Boanca, maître de conférences. Avec sa collègue professeur Maria Pagoni, elle a notamment interrogé l’impact du CEP sur la professionnalisation des conseillers dans les Hauts-de-France.

Il apparaît, à partir des 35 entretiens conduits dans le cadre de cette étude, qu’une formation menée à l’échelle nationale a permis d’harmoniser les pratiques mais sans être jugée réellement efficace par les conseillers. « [On te forme mais] on ne t’explique pas l’objet, l’intérêt et la vision finale », a ainsi relevé l’une des personnes interrogées. Pour autant, des échanges de pratiques entre conseillers, organisées au sein de certaines structures ou informels, ont permis de s’y substituer.

À noter, comme l’a rappelé Dimitri Noël, chargé de projet suivi du CEP dans le Grand Est, en fin d’atelier, « il n’existe pas de diplôme dédié au CEP pour l’instant ». Pour autant, « un travail est en cours du côté des centres interinstitutionnels de bilan de compétences pour élaborer une certification ou un diplôme ».

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