Mobilité européenne des apprentis, quels avantages pour les entreprises ?

Comment inciter les entreprises à s’impliquer davantage dans la mobilité européenne des apprentis ? s’est interrogé Euro App Mobility lors de sa table ronde mensuelle vendredi 26 mars 2021.

Par - Le 30 mars 2021.

« Il faut mobiliser les entreprises et les convaincre de la plus-value que représente la mobilité, a estimé Jean Arthuis, président d’Euro App Mobility. C’est aussi une façon d’attirer davantage de jeunes vers l’apprentissage. »

Pascal Brethomé, fondateur et dirigeant des garages Brethomé a raconté son expérience d’accueil d’un jeune Hongrois, pendant six mois, au sein de son atelier : « Sa présence a valorisé les salariés, qui se sont beaucoup occupé de lui, et a ressoudé l’équipe. » Ce jeune, qui voulait acquérir des compétences pour reprendre l’entreprise de son père en Hongrie, était accompagné par la maison rurale et familiale. « Tous les salariés se sont mis à parler anglais pour communiquer avec lui, et comme on fait le même métier, cela n’a pas été trop compliqué. » Une aventure humaine que l’entrepreneur est prêt à retenter dès que possible.

Formations internes

De son côté, Lactalis a ouvert son propre CFA et a prévu une mobilité européenne pour la première formation, qui sortira en septembre 2021. « Nous avons besoin d’assurer la pérennisation de notre savoir-faire et le diffuser dans tous les pays d’implantation », a expliqué Jean-Baptiste Vallée, directeur formation groupe & développement RH France. Le groupe recrute déjà des jeunes dans divers pays et les forme en France avant de les employer dans leur pays d’origine. Dans un souci d’intégration, ils bénéficient de cours de français, mais une partie des enseignements du CFA se fait en anglais. « Nous comblons un manque en matière de langue, dans les formations initiales », remarquait-il. Pour Jean Arthuis, « il y a un chantier en cours pour introduire l’anglais dans les CFA ».

Le groupe Daniel Moquet est aussi passé par la formation interne. Avec la CCI de Mayenne, il proposera aux jeunes d’intégrer un Bachelor avec des modules spécifiques aux métiers du paysage, dont la première promotion débutera en septembre 2021. « Nous prévoyons déjà deux semaines de FLE (Français langue étrangère) pour les jeunes Européens avant de débuter les cours », a précisé David Cararon, directeur international. Ils seront en alternance dans des entreprises du réseau, donc en immersion. » Jérémy Happle, plombier et ancien apprenti formé chez Les Compagnons du Devoir et du Tour de France, a raconté comment les deux mobilités dont il a bénéficié au cours de ses études -l’une courte, en Espagne, l’autre longue d’un an en Australie- ont influencé son parcours : « Cela m’a donné confiance en moi et aujourd’hui j’envisage de me mettre à mon compte ».

Reste, pour les intervenants de la table ronde, à faciliter ces parcours administrativement. Jean-Baptiste Vallée a plaidé pour un contrat unique qui remplacerait les contrats de professionnalisation et d’apprentissage, « auxquels s’ajoute encore le VIE (volontariat international en entreprise) en cas de départ à l’étranger ». Jean Arthuis a jugé que l’harmonisation devait se faire d’abord au niveau national et nécessiterait un travail en Europe pour aller vers un espace européen de l’apprentissage et de la formation professionnelle.

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