Quels outils et pratiques centrés sur la reconnaissance des compétences ?

La deuxième table-ronde du colloque « Mettre le numérique au service de la reconnaissance des compétences », organisé le 11 juillet à l’Assemblée nationale par le Think tank #leplusimportant, s’interrogeait sur les pratiques des entreprises autour de cette reconnaissance.

Par - Le 12 juillet 2019.

La reconnaissance des compétences est un enjeu pour faciliter les mobilités et les transitions professionnelles des salariés.
Le réseau social professionnel Linkedin, qui réunit des masses de données sur les compétences les plus utilisées, les plus demandées, et donc les compétences clés pour trouver un emploi, a développé une offre de formation: « Pour aider les utilisateurs à trouver un emploi, nous avons 14 000 cours disponibles qui sont validés par des badges« , indique Léa Rougier, représentante de Linkedin learning.

Transcrire les métiers en compétences

Le groupe La Poste, qui a plusieurs parcours de formation pour amener ses facteurs à devenir développeurs, techniciens cybersécurité, ou conseillers clientèle, propose d’abord un questionnaire d’auto-évaluation des compétences aux postiers qui souhaitent évoluer. Il s’agit plutôt d’un outil de positionnement que de reconnaissance des compétences.

Le groupe Vinci, spécialisé dans le BTP, a créé un algorithme – « skillpulse » – afin de transcrire chacun de ses métiers en « compétences attendues »: « Cela nous permet d’adapter rapidement notre force de travail aux compétences attendues, qui évoluent, explique Franck Mougin, DRH. Si un candidat ou un salarié a 80% des compétences attendues nous pouvons compléter facilement par des formations« . Vinci s’appuie sur le numérique et la réalité virtuelle pour ses formations, et mène 60 expérimentations en situation de travail.

Qualité de l’évaluation des compétences

Pour vérifier les compétences numériques de ses cols bleus, Vinci fait appel à Pix, un prestataire public spécialisé dans ce domaine. Pix mesure 650 acquis et propose une application pour faire des évaluations ciblées. « On fait passer des tests et on vérifie des compétences, c’est nécessaire pour une évaluation de qualité, qui atteste des compétences réelles, et que les gens pourront faire valoir ensuite, souligne Benjamin Marteau, directeur de Pix. L’émergence des badges numériques pose la question de la qualité de l’évaluation qu’il y a derrière« .

Comment développer un langage commun en matière de compétences et être sûr que l’on parle de la même chose? Vinci l’a fait avec son algorithme Skillpulse: « On avait un problème de recrutement sur la livraison du dernier kilomètre, nous avons évalué une population de 250 serveurs de café, et on s’est rendu compte qu’ils avaient les compétences requises pour ce métier de livreur« , rapporte le DRH. « Si cette approche par les compétences pouvait servir à ouvrir les recrutements, on ferait un grand pas, mais on voit que les directions achat des grandes entreprises continuent à exiger des diplômes d’ingénieurs dans tous leurs appels d’offre« , souligne la responsable formation de Syntec numérique.

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