Les DRH militent pour une rénovation de notre modèle de dialogue social (enquête ANDRH)

Selon la dernière enquête de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) publiée le 8 juin, les entreprises militent pour le maintien des mesures exceptionnelles en matière d’activité partielle et de dialogue social. Le financement de la formation professionnelle inquiète les DRH.

Par - Le 10 juin 2021.

Alors que la sortie de crise se confirme, les DRH doivent faire face à de profondes transformations de l’organisation du travail et aux enjeux stratégiques de la reprise. L’ANDRH a sondé les attentes de ses adhérents dans cette période déterminante pour l’avenir de nombreuses entreprises. Les résultats publiés le 8 juin révèlent un besoin de stabilité dans les réformes et de maintien de certaines mesures exceptionnelles. C’est le cas de l’activité partielle pour 59% des DRH interrogés. C’est également le cas pour le dialogue social, pierre angulaire de la mise en œuvre de la plupart des dispositifs du plan de relance et des transformations à mener. 78% des répondants désirent conserver la possibilité de réaliser les réunions de CSE (comité social et économique) en visioconférence et la signature électronique (50%). « Le dialogue social a été dense et très actif pendant la crise grâce, notamment, aux nouvelles modalités à distance. Cette dynamique doit être l’occasion de rénover le dialogue social pour le rendre plus agile », confirme Benoît Serre, vice-président délégué de l’ANDRH.

Le défi du télétravail

Le retour sur site après une année de télétravail imposé fait l’actualité des DRH. La plupart des DRH envisagent d’organiser des moments conviviaux (75%) et des animations de « team-building » (35%) pour recréer les collectifs de travail. Mais le mouvement est plus structurel. L’enquête révèle ainsi que 30% des répondants ont été confrontés à des demandes de salariés ayant déménagé pendant la crise et sollicitant l’adaptation de leurs conditions de travail.  « Nous allons vers la mise en place d’un travail hybride. Il n’y aura pas de retour en arrière. Il faut donc préparer l’avenir. Cela implique un changement fort de culture managériale qui pourrait passer par la formation des managers. Des réflexions sont en cours », confirme Audrey Richard, présidente nationale de l’ANDRH.

La formation professionnelle, levier de la reprise

61% des DRH interrogés expriment un besoin de stabilité et souhaitent un rythme de réformes moins soutenu. Celle de la formation professionnelle représente, pour près de 40% des répondants, un levier de la reprise. Avec un bémol. « La question du financement et du fonctionnement des Opco préoccupe les entreprises qui ont beaucoup développé l’alternance. Il ne faudrait pas hypothéquer cette dynamique », insiste Benoît Serre. Les moyens dédiés à la formation professionnelle par le plan de relance sont importants. « Les modalités de prise en charge financière et les process des dispositifs ont changé. Nous sommes dans une phase d’expérimentation », note Laurence Breton-Kueny, vice-présidente de l’ANDRH. Autre frein à leur déploiement : l’ampleur des transformations dans les stratégies de certaines entreprises qui impose un temps de réorganisation et un dialogue social robuste.

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