Premier état des lieux de l’apprentissage au sein des 15 branches d’Atlas (enquête)

Deux ans après la réforme, Atlas publie la première enquête sur les pratiques et les enjeux de l’apprentissage au sein de sa filière des services financiers et du conseil. En croissance constante, cette formation souffre encore de freins à son développement.

Par - Le 29 septembre 2020.

En pleine crise économique et sanitaire, Atlas publie la première enquête sur l’apprentissage au sein de sa filière. Un travail nécessaire pour orienter les actions de promotion que l’opérateur de compétences des services financiers et du conseil doit mener pour le compte de ses 15 branches professionnelles. « C’est la première année que nous gérons l’apprentissage et il était important de disposer d’un état des lieux et d’identifier clairement les leviers que nous devons activer pour développer l’alternance au sein de nos branches. Les résultats nourrissent notre stratégie et nos réflexions. Deux ans après la réforme et des transformations menées à un rythme soutenu, c’était aussi l’occasion de dresser un premier bilan », confirme Mathieu Carrier, directeur ingénierie et innovation d’Atlas. Porté par une croissance annuelle moyenne de 7% de 2013 à 2020 l’apprentissage dans les métiers de la filière vise à atteindre 51% des diplômes de niveau supérieur. Il s’y déploie aussi bien dans les petites entreprises qui accueillent 37% des jeunes que dans les plus grandes qui en recrutent 39%. Cette dynamique répond aux enjeux de secteurs en plein développement. Depuis dix ans, en effet, les entreprises des branches d’Atlas créent 34 700 emplois par an. Tout le monde y trouve son compte. 65% des entreprises voient dans l’apprentissage un levier de recrutement sur des métiers souvent en tension. Le chiffre atteint même 77% pour les plus de 2 000 salariés. De leur côté, les apprentis apprécient d’être rémunérés pendant leur formation et sont assurés, avec un taux d’insertion de 80%, de trouver leur place sur le marché du travail.

Rapprocher l’offre et la demande

Malgré cette forte adhésion, l’apprentissage reste toutefois encore sous-exploité au sein des branches d’Atlas. Seules 37% des formations préparant à leurs métiers sont proposées en alternance et près d’un CFA sur deux rencontrent des difficultés pour remplir leurs sessions. L’enquête de d’Atlas donne les clés de ce paradoxe. Pour 91% des CFA et 74% des jeunes, la difficulté à trouver une entreprise représente le principal frein à l’apprentissage. Ce constat n’est pas nouveau. C’est d’ailleurs pour tenter de résoudre cette équation que la réforme de 2018 a confié l’apprentissage aux branches professionnelles. A elles de créer du lien, faire connaître leurs métiers et attirer les jeunes appuyées par leurs opérateurs de compétences. Cette mission, percutée par une crise économique aussi grave qu’imprévisible, doit s’intensifier. Les résultats de l’enquête confortent les orientations du plan de relance de l’alternance dont le coup d’envoi a été donné le 10 septembre dernier. « L’apprentissage a retrouvé une bonne dynamique mais nous allons poursuivre nos efforts dans une campagne appelée à se prolonger cet automne. Notre plan de relance de l’alternance déploie dès maintenant des actions concrètes pour accompagner les entreprises et fluidifier leurs relations avec les jeunes, et les CFA », confirme Philippe Degonzague, président d’Atlas.

Des pistes pour demain

Depuis le 17 septembre et jusqu’au 16 octobre, les délégations régionales organiseront des webinaires à destination des entreprises.  Par ailleurs, quatre sites internet de promotion sur les grandes familles de métiers présents au sein de l’Opco et de mise en relation verront le jour d’ici décembre prochain. Une campagne digitale et des salons virtuels complètent le dispositif. L’enquête s’est aussi intéressée aux acteurs de l’apprentissage et mesure leur appropriation d’une réforme en profondeur de leurs modèles économiques. Sur un marché libéralisé et concurrentiel, les CFA ont dû s’adapter au nouveau modèle de financement. On y apprend que 76% des contrats sont intégralement couverts par les niveaux de prise en charge appliqués. Ces derniers, proposés par les branches et arbitrés par France compétences, sont appelés à évoluer. Cela fait en tout cas partie des chantiers prévus pour 2021. Dans le contexte de crise, beaucoup d’acteurs demandent à ce que les niveaux de prise en charge ne baissent pas. Autre élément de l’impact de la réforme sur la structuration du marché, 47% des entreprises se disent prêtes à se regrouper pour créer un CFA mutualisé. Si, aujourd’hui, la plupart des CFA d’entreprise sont nés à l’initiative des plus grandes d’entre elles, les PME pourraient être, demain, de la partie.

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