Qualité : plus de 10 000 prestataires de formation certifiés Qualiopi

L’échéance pour se conformer aux nouvelles obligations en matière de qualité a été repoussée à 2022. Mais de nombreux prestataires de formation se sont déjà mis en conformité avec le nouveau système qualité. Retour d’expériences à l’occasion d’une Matinée de l’Afref.

Par - Le 02 décembre 2020.

Qualiopi commence à se déployer dans le paysage de la formation professionnelle. Et ce malgré la crise sanitaire qui a conduit à reporter son entrée en vigueur au 1er janvier 2022. Selon le bilan dressé lors de la Matinée de l’Afref [ 1 ]Association de réflexion et d’échange sur la formation. du 26 novembre consacrée au nouveau système qualité, 25 organismes sont aujourd’hui autorisés à délivrer la certification Qualiopi dont 14 déjà accrédités par le Cofrac [ 2 ]Comité français d’accréditation.. Autre indicateur-clé : « Un peu plus de 10 000 prestataires sont aujourd’hui certifiés », constate Sophie Margollé adjointe au sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP [ 3 ]Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle.. Le mouvement s’est accéléré au cours de l’été, précise-t-elle : « Depuis début juillet, le nombre de certifiés a été multiplié par trois. » La possibilité de réaliser l’audit initial à distance, instaurée en juillet, a permis de préserver la dynamique. Autorisée jusqu’à la fin de l’année, cette souplesse pourrait être prolongée jusqu’à fin 2021. Des réflexions sur ce sujet sont en cours, indique Sophie Margollé.

« Compétence non consciente »

Au sein de l’écosystème, le référentiel national et la procédure d’audit suscitent encore de nombreuses interrogations. « Nous passons beaucoup de temps à déconstruire les idées reçues et à tordre le coup aux rumeurs », constate Gilles Trichet, consultant qualité au sein du cabinet Lafayette Associés. La plupart des prestataires qu’il accompagne s’imaginent que la certification est hors de portée alors que, bien souvent, ils respectent déjà les exigences du référentiel. Un des enjeux de l’accompagnement consiste alors à mettre en évidence cette « compétence non consciente » et à les aider à « défendre leur conformité lors de l’audit », suggère le consultant.

Démontrer sa conformité

Car, dans un secteur d’activité qui repose en partie sur des prestations orales, « la formalisation des éléments de preuve ne va pas toujours de soi », constate Gilles Trichet. Selon les premiers retours du terrain, la plupart des candidats passent finalement l’épreuve avec succès. Sur un échantillon de 1500 prestataires qui avaient déjà été audités en juin, 70% ont obtenu d’emblée la certification, les 30% restants se sont vu signaler des non-conformités mineures ou majeures qu’ils ont pu corriger dans les délais impartis, explique Gilles Trichet.

L’audit, une étape-clé

En pratique, la procédure d’audit marque une rupture par rapport à l’ancien système. Et certains acteurs spécialisés dans l’accompagnement des prestataires observent des disparités dans la réalisation de cette étape-clé du processus de certification. En cause : le profil et le parcours des auditeurs. Les spécialistes de la qualité qui ne maîtrisent pas les spécificités des activités de formation auront tendance « à faire une inspection linéaire des indicateurs », constate Hubert Grandjean, président d’Afdec Consulting. A l’inverse, les auditeurs issus du secteur de la formation peuvent avoir tendance « à chercher la petite bête » ou « à imposer leur vision des indicateurs » du référentiel qualité. D’où sa proposition de mettre en place, à l’attention des auditeurs, une « formation unique » qui serait validée par des spécialistes.

Des possibilités de recours

Si une très grande majorité des audits se déroulent sans problème, quelques-uns peuvent déboucher des incompréhensions. Michel Baujard, président de CFS+, fait ainsi état de quelques signalements de « non-conformités mineures qui relèvent de la lubie », ou encore « d’exigences démesurées » par rapport à certains indicateurs comme celui qui porte sur les questions de l’accueil et de l’accompagnement des personnes en situation de handicap (indicateur 26). Ces problèmes d’interprétation des indicateurs peuvent surgir quand l’auditeur fait une lecture trop stricte du guide de lecture du référentiel qualité. Ce document propose des exemples d’éléments de preuve à fournir qui ne constituent pas des obligations, rappelle Hubert Grandjean.

Face à des décisions de non-conformité qui sembleraient anormales à l’issue de l’audit, il peut s’avérer utile de se rapprocher du certificateur pour en discuter. En cas de problèmes, les prestataires ont aussi la possibilité de saisir le Cofrac de façon anonyme, précise Michel Baujard.

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Notes   [ + ]

1. Association de réflexion et d’échange sur la formation.
2. Comité français d’accréditation.
3. Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle.

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