Référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences : modalités d’audit

Par - Le 11 juin 2019.

1. Périmètre

a) Organismes concernés

Les audits mis en œuvre par les organismes certificateurs pour s’assurer du respect des indicateurs fixés par le référentiel national concernent les organismes :

  • disposant d’un numéro d’enregistrement de la déclaration d’activité,
  • ou en cours d’enregistrement,
  • et souhaitant bénéficier des fonds des financeurs publics ou paritaires.

L’organisme informe en amont le certificateur des catégories d’actions de développement des compétences pour lesquelles il souhaite être certifié.

b) Organismes multi sites

Dans le cas d’un organisme implanté sur plusieurs sites, la certification porte sur l’ensemble des sites. Un organisme multi-sites est couvert par un seul système qualité comprenant une fonction centrale (pas nécessairement le siège) qui régit plusieurs sites sur lesquels tout ou partie des activités (administrative, commerciale ou ingénierie) entrant dans le champ de la certification sont réalisées.

Un site est caractérisé par la présence permanente de personnel de l’organisme.

Un organisme multi-sites n’est pas nécessairement une seule entité juridique, mais tous les sites concernés :

  • ont un lien juridique ou contractuel avec la fonction centrale de l’organisme ;
  • font l’objet d’une surveillance régulière définie par la fonction centrale qui est responsable des mesures correctives nécessaires sur les sites.

La fonction centrale doit :

  • veiller à ce que les données de chaque site soient collectées et analysées,
  • être capable de démontrer son autorité et sa capacité à amorcer au besoin des changements organisationnels.

Pour être qualifié de multi-sites :

  • l’organisme candidat doit avoir un seul et unique système qualité ;
  • l’organisme candidat doit identifier sa fonction centrale qui fait partie de l’entité et n’est pas sous-traitée ;
  • la fonction centrale doit avoir l’autorité organisationnelle pour définir, mettre en place et faire fonctionner le système qualité unique ;
  • tous les sites doivent être inclus dans le programme de surveillance géré par la fonction centrale.

c) Échantillonnage

L’échantillonnage d’un panel de sites est autorisé si l’organisme répond à la qualification de multi sites. L’échantillonnage d’un panel de sites est représentatif de la variété des sites et est constitué, hors la fonction centrale auditée lors de chaque audit du cycle, selon les modalités suivantes :

  • audit initial et de renouvellement : l’échantillon est la racine carrée du nombre total de sites, arrondi à l’entier le plus proche, choisis aléatoirement par l’organisme certificateur ;
  • audit de surveillance : selon les modalités mises en place par l’organisme certificateur. L’audit comprend a minima un site non audité à l’audit précédent.

Dans tous les cas, l’organisme certificateur peut décider d’auditer un site particulier s’il le juge pertinent et qu’il le justifie. Si une (ou des) non-conformité(s), est (sont) identifiée(s) sur un site, la fonction centrale doit déterminer si les autres sites peuvent être affectés par cette (ces) non-conformité(s). Si c’est le cas, des mesures correctives sont mises en œuvre sur les sites concernés et vérifiées par la fonction centrale. Si ce n’est pas le cas, la fonction centrale démontre à l’organisme certificateur pourquoi elle limite son suivi des actions correctives.

Il est interdit d’exclure un site du périmètre de la certification.

Si un nouveau site demande à rejoindre un organisme multi-sites certifié, ce site doit être audité avant d’être inclus dans le certificat, en plus de la surveillance prévue dans le plan d’audit. Après intégration du nouveau site sur le certificat, il doit être ajouté aux sites du périmètre pour déterminer la taille de l’échantillon et la durée des prochains audits de surveillance ou de renouvellement.

2. Procédure et cycle de la certification

La procédure de certification repose sur des audits, selon des cycles de trois années, selon des modalités précisées par arrêté du ministre chargé de la Formation professionnelle du 6 juin 2019. Elle comprend :

  • Un audit initial, qui permet de vérifier que les actions de développement des compétences répondent aux exigences requises. En cas de résultats satisfaisants, la certification est délivrée pour trois ans ;
  • Un audit de surveillance, réalisé entre le 14e et le 22e mois suivant la date d’obtention de la certification, qui permet de s’assurer de la bonne application du référentiel. L’audit de surveillance est réalisé à distance mais est réalisé sur site dans les cas suivants : signalements conformes aux règles de réclamations définies par l’organisme certificateur, résultats d’une analyse de risque issue de l’audit précédent, pour les organismes multi-sites, échantillonnage sur un ou plusieurs sites à l’initiative de l’organisme certificateur et en fonction des deux cas précités ;
  • En cas de demande de renouvellement de certification de l’organisme, un audit de renouvellement qui s’effectue durant la troisième année avant l’expiration de la certification. L’audit de renouvellement a lieu sur place avant la date d’échéance du certificat et donne lieu à l’obtention d’un nouveau certificat.

L’organisme candidat souhaitant certifier une nouvelle catégorie d’actions, en sus des catégories d’actions déjà certifiées, sollicite l’extension du champ de sa certification auprès de l’organisme certificateur. Un audit d’extension de la certification sur les catégories d’actions de la demande est mis en œuvre pour procéder à l’extension de la certification ; cet audit est réalisé à tout moment du cycle de certification conformément au déroulement d’un audit initial dans le périmètre de l’extension. En cas de décision positive, le certificat de l’organisme est mis à jour en conséquence. Le plan d’audit (contenu de l’audit, durée…) pour les audits suivants tient compte de l’extension du champ de la certification.

La durée de l’audit se calcule en fonction du chiffre d’affaires relatif à l’activité de prestataire d’actions concourant au développement des compétences, du nombre de sites concernés et du nombre de catégories d’actions pour lesquelles il souhaite être certifié, selon le barème fixé par un arrêté du 6 juin 2019 :

Catégorie d’actions de développement des compétences Durée de base Action de formation Bilan de compétences Action de VAE Apprentissage Échantillonnage des sites
 

 

Audit initial

CA < 150 000 € 1 j + 0 j + 0 j + 0 j + 0,5 j  

+ 0,5 j par site échantillonné

CA >= 150 000 et < 750 000 € 1 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j
CA >= 750 000 € 1,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 1 j
Audit de surveillance CA < 750 000 € 0,5 j + 0 j + 0 j + 0 j + 0,5 j + 0,5 j par site échantillonné
CA >= 750 000 € 1 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j
 

Audit de renouvellement

CA < 150 000 € 1 j + 0 j + 0 j + 0 j + 0,5 j  

+ 0,5 j par site échantillonné

CA >= 150 000 et < 750 000 € 1 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j
CA >= 750 000 € 1,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 1 j

3. Cas de non-conformité au référentiel

Une non-conformité est un écart par rapport à un ou plusieurs indicateurs du référentiel qui peut être mineure ou majeure :

  • Non-conformité mineure : prise en compte partielle d’un indicateur ne remettant pas en cause la qualité de la prestation délivrée ;
  • Non-conformité majeure : non prise en compte d’un indicateur ou sa prise en compte partielle remettant en cause la qualité de la prestation délivrée.

Les modalités relatives à ces non conformités au référentiel national de certification de qualité des organismes sont précisées par l’arrêté du 6 juin 2019.

Ainsi, une certification peut être suspendue ou retirée, au regard de la gravité et/ou du nombre ou de la récurrence de non-conformités détectées, dans le cas de non conformités majeures non levées sous trois mois ou de non conformités mineures déjà détectées pour lesquelles l’organisme n’a pas proposé ou mis en œuvre des actions correctives efficaces.

Les délais de mise en œuvre des actions correctives ne doivent pas dépasser un délai fixé en fonction du niveau de gravité des non-conformités :

  • Non-conformité mineure : le plan d’action établi est adressé à l’organisme certificateur dans le délai fixé par ce dernier et doit être mis en œuvre dans un délai de six mois. La vérification de la mise en œuvre des actions correctives est faite à l’audit suivant. Si la non-conformité mineure n’est pas levée à l’audit suivant, elle est requalifiée en non-conformité majeure ;
  • Non-conformité majeure : la vérification de la mise en œuvre d’actions correctives doit être effective sous trois mois. A défaut de mise en œuvre des actions correctives, la certification est suspendue. La suspension de la certification est levée par l’organisme certificateur suite à la réception de preuves permettant de constater le retour en conformité par le prestataire et le solde des non conformités majeures. A défaut de mise en œuvre des actions correctives dans un délai de trois mois après la suspension, la certification est retirée ou elle n’est pas délivrée. Elle nécessite alors la réalisation d’un nouvel audit initial de certification.

La vérification du traitement des non-conformités peut donner lieu à la réalisation d’un audit complémentaire, à distance ou sur site.

Au moment du processus de prise de décision, en cas d’organisme multi-sites, si un ou plusieurs sites présente(nt) une non-conformité majeure, la certification est refusée à l’ensemble de l’organisme multi-sites jusqu’à ce que celui-ci prenne des mesures correctives satisfaisantes.

L’organisme candidat s’engage à disposer de tous les éléments de preuves permettant d’attester de la conformité au référentiel et susceptibles d’être demandés par l’auditeur lors de l’audit. L’absence de preuve le jour de l’audit fera l’objet d’une non-conformité.

L’existence d’au moins cinq non-conformités mineures non levées à la prise de décision constitue une non-conformité majeure. Une certification ne peut être délivrée tant qu’il reste une non-conformité majeure non levée.

Lors de l’audit de surveillance, une attention particulière est prêtée aux non-conformités identifiées lors du précédent audit ainsi qu’à l’efficacité des actions correctives et des mesures préventives du plan d’action mises en place.

4. Modalités de certification d’un organisme disposant d’une certification ou d’une labellisation de qualité des actions concourant au développement des compétences

Les organismes disposant d’une certification ou d’une labellisation listée par le CNEFOP à la date du 31 décembre 2018 et active au moment de sa demande de certification est autorisé à demander que l’audit initial soit réalisé selon des conditions de durées aménagées :

Catégorie d’actions de développement des compétences Durée de base Action de formation Bilan de compétences Action de VAE Apprentissage Échantillonnage des sites
 

 

Audit initial

CA < 750 000 € 0,5 j + 0 j + 0 j + 0 j + 0,5 j  

+ 0,5 j par site échantillonné

CA >= 750 000 € + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j + 0,5 j

L’audit ne concerne alors que certains indicateurs précisés sur le site du ministre chargé de la formation professionnelle. L’organisme certificateur s’assure que le certificat de l’organisme est actif au moment de sa demande de certification.

Décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences

Arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d’audit associées au référentiel national mentionné à l’article D. 6316-1-1 du code du travail

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