Se donner les moyens de mettre en œuvre le plan de relance (Entreprise & Personnel)

Perçu comme un bon signal pour préserver et développer les compétences, le plan de relance pose toutefois des questions de mise en œuvre selon Frédéric Guzy. Le directeur général du réseau associatif Entreprise & Personnel milite pour des efforts concrets de simplification administrative et propose d’accompagner les opérateurs de compétences.

Par - Le 22 septembre 2020.

Après les annonces du plan de relance par le gouvernement le 3 septembre dernier, tous les regards se tournent vers les entreprises dont tout va dépendre maintenant. Or, selon Entreprise & Personnel (E&P), ces dernières n’étaient pas dans le même état d’esprit qu’avant l’été. « Le rebond de l’épidémie est un peu une douche froide pour les entreprises qui espéraient pouvoir tirer les enseignements de la période de confinement, engager des améliorations dans leur organisation et se projeter dans la reprise », confirme Frédéric Guzy, directeur général du réseau associatif dédié aux enjeux de gestion des ressources humaines. A la rentrée, les nouveaux protocoles imposés par une situation sanitaire dégradée les ont en effet à nouveau mobilisées. Dans ce contexte plus que jamais incertain, le plan de relance a été bien accueilli par les entreprises. Avec une enveloppe de plus de 15 milliards d’euros dédiée à la formation et à l’emploi, le message est clair.  « C’est un bon signal et une incitation forte à préserver les compétences et les préparer aux enjeux stratégiques de demain. Reste aujourd’hui à savoir comment le mettre en oeuvre et faire en sorte que les entreprises, notamment les plus petites, s’en saisissent », tempère Frédéric Guzy. Parmi les freins redoutés par les dirigeants, la complexité administrative.

Choc de simplification

Certains des dispositifs mobilisés par le plan de relance comme celui de la Pro-A exigent, pour être validés, des critères d’éligibilité pas toujours lisibles et des instructions parfois trop longues. Trop de temps sépare les annonces et leur application en attente de précisions, par exemple sur les conditions d’accès au FNE-Formation adossé à l’APLD (activité partielle de longue durée). « Nous avons besoin de simplification administrative. Elle pourrait passer par des contrôles a posteriori comme cela a été mis en place pour le dispositif d’activité partielle lors du confinement pour faire face à l’urgence », suggère Frédéric Guzy. Cette approche aurait également le mérite de développer la confiance entre les différentes parties prenantes. Autre levier indispensable à la réussite du plan de relance, la capacité des entreprises et des branches professionnelles à réaliser des diagnostics et des prospectives sur les métiers et les compétences. La problématique n’est, là aussi, pas nouvelle. La réforme de 2018 avait intégré cette question à son agenda en confiant l’animation et la valorisation des travaux des observatoires à France compétences (voir article). Le réseau E&P accompagne ses adhérents sur leur gestion prévisionnelle des compétences et maîtrise ce savoir-faire devenu plus que jamais stratégique. « Nous proposons aux opérateurs de compétences de former leurs équipes aux méthodes de gestion prévisionnelle des compétences. Car au-delà des outils, il est essentiel d’identifier les données nécessaires, les moyens de les collecter et de savoir comment utiliser les informations en restant connecté aux enjeux stratégiques de l’entreprise », avance Frédéric Guzy.

Aller plus loin avec la matinée d’actualité de Centre Inffo du 8 octobre.

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