Pédagogie : animer un atelier de créativité

Pour innover et faire émerger une véritable intelligence collaborative lors d’un atelier de créativité, il faut parvenir à mobiliser tous les participants. Un rôle clé pour le formateur-animateur.

Par - Le 25 novembre 2021.

Pour permettre aux participants d’un atelier de créativité et d’innovation de s’investir dans l’élaboration d’un projet, il faut tout d’abord estomper les liens de subordination ou d’influence conditionnés par des relations hiérarchiques.

Harmoniser les groupes de travail

Équilibrer les différents groupes de participants est nécessaire. “Le hasard fait souvent bien les choses, assure Jean-Charles Cailliez, spécialiste de l’innovation. Il suffit de tirer au sort les personnes qui vont travailler ensemble. Cela donne un vrai brassage. Bien sûr, si l’animateur a le temps d’étudier le profil de chacun, il peut créer des groupes qui fonctionneront bien. Ce qu’il faut surtout éviter, c’est de rassembler les personnes selon leurs affinités”, insiste l’auteur du Cactus à roulettes (Ellipses). En effet, le risque, c’est que ce groupe avance plus vite que les autres et que ce soient toujours les mêmes qui mènent la danse.

Utiliser les brise-glace

Dans un groupe de travail, tout le monde ne se sent pas toujours autorisé à prendre la parole. Or, pour que tous les participants adhèrent au processus d’innovation, tous doivent y participer activement. En début d’atelier, des exercices “brise-glace”, parfois décalés du sujet central de la journée, permettent à chacun de prendre confiance. Par ailleurs, ces exercices relancent l’esprit de créativité, parfois un peu rouillé.

Varier les exercices pour que tout le monde participe

“Pour que tout le monde participe, il est également indispensable de varier les types d’exercices tout au long de l’atelier”, indique Jean-Charles Cailliez. Certains participants sont très à l’aise pour lancer de nouvelles idées ou écrire des petits textes, d’autres adorent contribuer, par exemple, à la fabrication d’une maquette. Et si quelques participants prennent beaucoup (trop) de place dans un groupe, il est possible d’en créer de nouveaux ou d’introduire des contraintes qui donneront aux autres la possibilité d’être plus actifs. La balle est dans le camp du formateur !

QUE FAIRE DES EXPERTS ?
Le problème avec les experts, c’est qu’ils risquent de dire très vite ce qu’il faut faire faire et de bloquer ainsi le processus collectif d’innovation. Il est donc important de “neutraliser” les experts en les amenant à réfléchir à des sujets qui ne sont pas directement dans leurs champs de compétences. Bien sûr, il n’est pas question de renoncer à leurs idées. “L’expertise doit enrichir, dans un second temps, une réflexion commune. Il ne faut donc pas les faire intervenir trop vite”, conseille Jean-Charles Caillez, directeur d’Hemisf4ire Design School, à l’Université catholique de Lille.

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