Haro sur l'abaissement de la prise en charge des frais de premier équipement des apprentis
Alors qu'un projet de décret prévoit d'abaisser de 500 à 200 euros le plafond de prise en charge des frais de premier équipement des apprentis, l'écosystème s'inquiète.
Par Nicolas Deguerry - Le 05 mai 2026.
Première à réagir à la présentation du projet de décret relatif aux frais de premier équipement des apprentis, la Fédération nationale des directeurs de CFA/OFA (Fnadir) s'alarme de la baisse de 60 % et de la modulation du montant que les Opco pourront décider en fonction des activités confiées aux apprentis et des secteurs professionnels.
Rappelant que ces frais de premier équipement concernent l'équipement pédagogique nécessaire à la formation, la Fnadir estime qu'une telle baisse « entraînera mécaniquement un transfert de charge vers les apprentis, leurs familles, les employeurs et les CFA, dans un contexte déjà marqué par la baisse des niveaux de prise en charge, la réduction des aides aux employeurs et la contraction des moyens des opérateurs de compétences. »
Tous perdants
Pour l'Anaf, association nationale des apprentis de France, un tel abaissement du plafond entraînera trois options pour les CFA, « toutes trois perdantes » : absorption du coût avec risque de réduction de la qualité pédagogique ou de l'accompagnement ; report partiel ou total du coût vers les employeurs, avec renforcement du « lien de redevabilité » des apprentis ; transfert de la charge supplémentaire aux apprentis. « Ce serait alors une rupture d'égalité d'accès à la formation et des chances de réussite à la formation », commente Baptiste Martin, président de l'Anaf.
Même inquiétude pour les Acteurs de la compétence, qui évoque dans son communiqué du 24 avril « une économie comptable, un signal désastreux, un désengagement vis-à-vis des jeunes. » La Fédération l'assure, le plafond de 200 euros prévu par le projet de décret « ne couvre plus les besoins réels » de premier équipement pédagogique. Et, comme la Fnadir, alerte des effets d'une baisse uniforme du plafond sur les métiers de certaines filières et secteurs, qui requièrent des équipements parfois coûteux. Dans son estimation de l'impact concret pour les jeunes, l'Anaf, association nationale des apprentis de France, évalue par exemple le coût du premier investissement dans une fourchette de 300 à 600 euros pour le CAP Coiffure et de 600 à 1200 € pour le CAP Maçon.
Baptise Martin le souligne en conclusion, son organisation est « fermement opposée » à ce projet de décret et souhaiterait le faire savoir en direct à Sabrina Roubache, la ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des solidarités et du ministre de l'Éducation nationale, chargée de l'Enseignement, et de la formation professionnels et de l'apprentissage. Mais depuis sa nomination, « c'est porte close… »


