Intelligence artificielle : la formation, condition sine qua non de l'anticipation
Désormais partout présente au sein des organisations, en particulier sous sa forme générative, l'intelligence artificielle bouleverse les emplois, les compétences, les relations interpersonnelles et managériales. Face à cela, le cabinet de conseil Secafi a invité, lors d'un webinaire le 12 mars, les salariés et leurs élus à veiller à la montée en compétences induite par le recours à de tels outils. Pour en tirer le meilleur parti.
Par Sophie Massieu - Le 16 mars 2026.
Analyse de données, automatisation de tâches répétitives, génération de textes ou d'images, traduction ou même prises de décision. Voilà ce que des technologies peuvent désormais réaliser, autrement dit des fonctions que seuls des humains accomplissaient auparavant.
Cet ensemble d'outils, rassemblés sous le vocable d'intelligence artificielle, modifie donc nécessairement les métiers et les compétences. Au point de voir Secafi, cabinet de conseil, s'interroger dans un webinaire : « Quel avenir pour les salariés ? ».
L'IA : une présence massive dans les activités salariées
Le premier élément de réponse apporté par Maxime Barbier, directeur général de l'une des composantes du cabinet de conseil, Bluenove, tient en une observation : tous les secteurs d'activité sont concernés par ce déploiement et ses conséquences, de même que toutes les fonctions dans l'entreprise. Et ce même au sein des plus petites, puisque 10 % des entreprises de moins de 10 salariés recourent à de l'intelligence artificielle (contre 6 % en 2023). Il a souligné que dans les sociétés d'au moins 250 salariés, un tiers y fait appel. Au moins ! Parce que certains secteurs, comme la communication ou l'information, sont encore davantage concernés (une entreprise sur deux).
Suite logique, plus d'un salarié sur deux (53 %) utilise l'intelligence artificielle dans le cadre de son travail, le plus souvent générative. Un sur cinq (22 %) considère que cela offre un gain de productivité supérieur à 40 % même si dans le même temps six sur dix (65 %) redoutent une baisse de la qualité du travail réalisé. « Les salariés ont donc adopté l'intelligence artificielle encore plus vite que les entreprises mais pour autant cela représente une source d'inquiétude », a commenté Maxime Barbier.
Compétences : un double mouvement
En matière de compétences, ces outils permettent d'en développer, pour interagir avec eux. Ces outils sont donc « capacitants », selon Laëtitia Léon, psychologue du travail et spécialiste des risques psychosociaux, responsable de mission chez Secafi, référente IA pour sa direction régionale Ile-de-France. Mais il s'agit, aussi, de veiller à la montée en compétences permanente sur ces outils.
Car à coup sûr, a-t-elle souligné, ils modifient nombre de tâches. Les tâches plus que les métiers dans leur ensemble. Malgré tout, ils peuvent causer une intensification du travail, une perte de sens, le sentiment d'une perte de qualité du travail accompli… Autant de causes possibles de risques psycho-sociaux. Ce d'autant plus qu'ils engendrent une forme d'insécurité, économique et de l'emploi aussi.
Anticiper, une nécessité
Face à cela, la Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) apparaît indispensable. Tant pour garantir l'employabilité des salariés en place que pour interroger l'impact de la présence de tels outils sur les recrutements, des jeunes diplômés ou de stagiaires en particulier.
Reste que pour l'heure, le sujet de l'impact des outils d'intelligence artificielle s'avère traité davantage à l'échelon de l'entreprise qu'au niveau, plus macro, de la branche professionnelle. Ce qui s'avérera pourtant sans doute nécessaire.


