Carole Grandjean, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, au colloque Nouvelle vie professionnelle, le 9 novembre 2022.

Après le « big bang » de la formation, le temps de la régulation ?

En clôture de la matinée Nouvelle vie professionnelle organisée par le groupe AEF le 9 novembre, la ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels Carole Grandjean rappelle les grandes lignes d’un futur projet loi attendu début 2023. Avec, comme maître mot, la régulation par la qualité et le ciblage des dispositifs pour sécuriser le système .

Par - Le 14 novembre 2022.

Il ne faut pas s’attendre à un autre big bang de la formation.  Le nouveau système né de la loi « avenir professionnel » restera le socle de fonctionnement de notre modèle. Carole Grandjean, le réaffirme en clôture de la matinée Nouvelle vie professionnelle organisée par le groupe AEF mercredi 9 novembre. « On doit faire grandir et réussir cette loi ». Ce principe posé, la ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnelle reprend les principaux axes d’amélioration d’une réforme menée à un rythme soutenu et au prix d’un lourd déficit. Au regard d’une trajectoire budgétaire devenue incontrôlable, le gouvernement, en concertation avec les organisations patronales et syndicales, cherche désormais à réguler. Un projet de loi est attendu en début d’année prochaine. Même si on ne parle plus de big bang, ces ajustements auront un impact fort sur l’offre de formation.

Renforcer l’apprentissage dans l’infra-bac

Pour Carole Grandjean, on doit trouver les moyens de continuer à soutenir l’apprentissage d’une manière durable. Le gouvernement souhaite introduire de nouveaux paramètres à l’octroi des aides exceptionnelles à l’embauche des apprentis au-delà de l’échéance du 31 décembre fin 2022. Les concertations viennent de se terminer. Sans dévoiler les arbitrages à venir, la ministre rappelle une des priorités du gouvernement. « L’apprentissage doit être renforcé dans les niveaux infra bac » et insiste sur « la qualité des formations en apprentissage ». Entre les lignes, il s’agit de lutter contre des taux d’abandon qui avoisinerait les 25%.

Un marché du CPF plus exigeant et mieux ciblé

Autre sujet de concertations, le CPF. Victime de son succès, le dispositif désintermédié coûte cher aux finances publiques et suscite des critiques quant à sa finalité. « La régulation est nécessaire si l’on veut garantir sa durabilité », pointe la ministre.  Une proposition de loi visant à lutter contre les fraudes et les abus au CPF réarme la CDC. Avec ce nouveau cadre juridique, les organismes de formation seront, plus que jamais, sous surveillance sur ce marché estimé à plus de 2,6 milliards d’euros en 2022. Autre levier de régulation évoqué par la ministre, « le catalogue des formations devra être mieux ciblé vers les métiers en tension et les besoins de l’économie ».

Favoriser les transitions professionnelles

Parent pauvre de la réforme de 2018, les transitions professionnelles ne peuvent plus être ignorées dans une économie où les transformations se sont accélérées depuis la crise sanitaire et où les difficultés de recrutement se sont accentuées.  « L’approche doit être systémique. Les dispositifs sont trop complexes et pas assez accessibles. Il faut les simplifier et les rendre plus lisibles ». La VAE rénovée et ouverte sur de nouvelles modalités comme la VAE inversée adossée à un contrat de professionnalisation assoupli pourra ainsi devenir un des leviers de la mobilité. La ministre évoque enfin la qualité de l’emploi qui passerait notamment par « l’introduction des enjeux du handicap et des transitions écologiques et numériques dans le socle des savoirs fondamentaux des certifications ».

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