« L’apprentissage, une voie de formation comme une autre » (CGT)

La CGT souhaite « encadrer la formation professionnelle et l’apprentissage ». C’est l’un des dix objectifs de son « plan pour la jeunesse » adressé au nouveau gouvernement en mai, afin de répondre aux difficultés particulières rencontrées par les jeunes, notamment dans le monde du travail.

Par - Le 09 juin 2022.

Selon la confédération, la formation professionnelle doit jouer « un rôle structurant et émancipateur dans le cadre de la transformation du travail due notamment aux transitions sociale et environnementale, énergétique et numérique ».

Aides aux entreprises sans contrepartie

Dans ce plan, la CGT regrette que « le gouvernement accorde énormément d’aides aux entreprises pour l’embauche d’apprentis sans demander de contrepartie », ce qui amène les entreprises à « embaucher cette main d’œuvre quasi gratuite plutôt que des salariés en CDI ou en CDD ».

L’apprentissage, pas un modèle unique

Pour la CGT, l’apprentissage « ne peut en aucun cas constituer le modèle unique », et « doit rester une voie de formation professionnelle initiale comme une autre ». Les deux voies de formation professionnelle initiale, « sous statut scolaire et par apprentissage, doivent rester attractives et complémentaires ». Les aides à l’apprentissage « ne doivent pas être versées au détriment de la formation et de l’embauche des salariés des entreprises, ni à celui des jeunes en lycée professionnel, ni à celui des autres dispositifs de formation ». En outre, le syndicat rappelle que la finalité de l’apprentissage « n’est pas la production mais la formation » et ne doit dès lors « pas être tournée uniquement vers l’insertion professionnelle immédiate » mais « donner accès à une culture générale et à une culture professionnelle de qualité, garantie d’évolution à long terme ».

Accès à un service public de la formation professionnelle de qualité

La CGT s’inscrit donc à l’encontre des « logiques libérales adéquationnistes », selon lesquelles « la formation professionnelle doit répondre aux besoins immédiats de main-d’œuvre des employeurs ». Elle revendique un accès à un service public de la formation professionnelle de qualité « qui doit être financé de manière égalitaire sur tout le territoire ».

Pour y parvenir, la confédération plaide pour « un meilleur contrôle et une véritable certification des organismes de formation par une instance paritaire à l’échelon des régions ». Il souhaite également réformer le financement par « coûts-contrats » des CFA, qui « fragilise » les plus petits établissements « sans un regard pour leur utilité sociale et économique ». Il propose donc des « coûts contrats » fixés nationalement et un socle de financement de base des CFA géré par les régions, et ce « pour éviter les énormes disparités de financement (du simple au double voire plus) que l’on constatait auparavant sur les listes préfectorales pour des formations identiques ».

Réforme de la taxe d’apprentissage

Enfin la CGT réclame une réforme de la taxe d’apprentissage, afin qu’elle finance l’ensemble des formations préparant à un métier, et pas seulement l’apprentissage. Elle voudrait la répartir en trois parts (volumes à définir) : l’une reversée aux régions pour abonder un socle de financement commun à chaque CFA, la seconde pour conforter certains CFA en prenant en compte le coût réel des formations dispensées, et la dernière pour financer des établissements dispensant des formations hors apprentissages, comme les lycées professionnels.

 

Lire le plan pour la jeunesse de la CGT.

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