Corinne Landais, dirigeante d’Idéeïne. (« Rendez-vous du Pacte », organisé par le Gref Bretagne).

Corinne Landais, dirigeante d’Idéeïne (« Rendez-vous du Pacte », organisé par le Gref Bretagne).

Le jeu en formation professionnelle, levier de motivation

La place de la créativité et du jeu en formation professionnelle était au cœur des débats du dernier « Rendez-vous du Pacte », organisé par le Gref Bretagne en référence au Pacte régional d’investissement dans les compétences. 

Par - Le 29 avril 2022.

« Stimuler la créativité de l’apprenant lui permet de se connecter à la formation de manière ludique. Grâce à l’amusement, le formateur favorise l’adhésion et un engagement plus fort, une émulsion joyeuse », énonce Corinne Landais, dirigeante d’Idéeïne. D’après elle, le cliché selon lequel sérieux et apprentissage vont nécessairement de pair serait à bannir au profit de sessions où l’amusement est permis, et le droit à l’erreur reconnu.

« Cela nécessite de la bienveillance et de l’exigence. L’un ne va pas sans l’autre : si nous sommes uniquement bienveillants en formation, nous devenons complaisants envers nous-mêmes et les autres, la progression n’est pas facilitée. Il faut trouver le bon équilibre », complète Suzon Beaussant, formatrice et fondatrice d’Evolud’.

Concrètement, stimuler la créativité de l’apprenant passerait par des « phrases magiques », telle « comment faire pour… ? », censées lever les objections et freins des participants pour les placer en posture d’action.

De l’intérêt du jeu en formation

Suzon Beaussant conseille de faire intervenir le jeu dès le début d’une formation. « Les masques tomberont, les apprenants seront poussés au naturel. » Le formateur aura alors tout le loisir d’observer le niveau des stagiaires, et de cibler les apports de son programme. « Certains contenus seront passés rapidement et d’autres seront renforcés. » Le jeu n’aurait alors que des avantages : rendre concrètes des notions abstraites, conscientiser des processus, etc. A condition que le formateur accepte de « lâcher prise, car quand vous allez jouer vous ne savez pas comment ça va se terminer ni les idées générées. Bien sûr, le jeu n’est pas choisi au hasard, mais ce sont les besoins du groupe qui vont s’exprimer. Il faut se détacher de son déroulé chronométré à la minute près ! »

Attention cependant à ne pas confondre gamification et serious-game. Le premier intègre des mécaniques de jeu au sein d’une formation (exemple : lancé de dés pour déterminer qui répondra à une question), « une petite surcouche pour redonner de la motivation », dixit Corinne Landais, là où le serious-game relève du jeu avec des objectifs pédagogiques ou de formation. L’usage d’un vocabulaire adapté est aussi conseillé. « Il faut éviter le terme de « jeu » car pour certains apprenants, ce mot renvoi au manque de sérieux, à la perte de temps, et ça peut créer des blocages. Je préfère la notion d’activité. Le cadre participe à l’adhésion, met en garde Suzon Beaussant, le serious-game ne doit pas intervenir en validation d’une formation. »

Les limites du jeu en formation

Selon le type de compétence à acquérir, envisager la méthode du jeu ne serait pas toujours adapté. S’il est déconseillé dans l’acquisition des savoirs, il peut se révéler utile dans leur mémorisation et leur réactivation. « Il est possible de détourner des jeux grand public comme Time’s Up ! », guide Suzon Beaussant. Elle poursuit : « cela se corse pour les savoir-faire, car les serious-games utilisés sont souvent spécifiques à une compétence précise. Pour les savoir-être, c’est génial car le jeu les développe naturellement, et les soft-skills qui vont avec. Il suffit de déterminer le jeu le mieux adapté à votre formation. »

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