CEP : les coopérations locales restent à développer

Dès 2014, la création du conseil en évolution professionnelle visait à renforcer les coopérations entre acteurs de l’accompagnement. Une étude du Céreq montre que l’objectif a été plus facilement atteint au niveau national qu’à l’échelon régional et local, où subsistent de fortes variations.

Par - Le 26 novembre 2019.

D’après l’étude du Céreq, les opérateurs nationaux du CEP (voir encadré) semblent avoir vécu une intensification de leurs coopérations. Celle ci serait essentiellement due à l’existence d’un cahier des charges commun à l’ensemble des acteurs. Il n’en va pas de même au niveau territorial, en prise avec la « diversité des situations locales ».

Au niveau institutionnel, le Céreq relève un « engagement à géométrie variable des Régions », devenues responsables de l’organisation du service public régional de l’orientation depuis la décentralisation de la compétence Orientation tout au long de la vie en 2014. Il apparaît que l’intensité des coordinations déployées est tributaire des orientations politiques et de l’environnement socio-économique des territoires concernés. Le Céreq le souligne, les pratiques de terrain antérieures à la création et au déploiement du CEP témoignent de l’existence de relations et d’échanges parfois intenses. Pour autant, ces relations n’impliquent pas nécessairement de logique de coordination et/ou de coopération. Dans le cadre du CEP, trois types de coopérations locales ont pu être observés.

Service local de l’orientation

S’ils ne s’en emparent pas toujours, les conseils régionaux peuvent, de par leurs prérogatives, jouer un rôle moteur pour la territorialisation du service public de l’orientation. La mise en place de « cellules d’animation des acteurs locaux » offrent ainsi des espaces d’échanges qui constituent un « facteur essentiel d’évolution des coopérations », relève le Céreq. Celles-ci se trouvent mêmes élargies à des partenaires extérieurs aux opérateurs du CEP, « en y intégrant notamment les Opca [ 1 ]Maintenant Opco, opérateurs de compétences. »

L’orientation n’est pas une priorité

Dans des territoires caractérisés par « un enclavement géographique, une offre formative limitée et un marché du travail peu porteur », la problématique de l’orientation peut apparaître secondaire à l’exécutif régional au regard des enjeux de l’insertion sociale. En l’absence de soutien et de cadre, le Céreq observe davantage de modes d’intervention traditionnels et de cloisonnements plus forts. Ceci n’empêche pas des relations inter-opérateurs mais elles apparaissent « principalement bilatérales et informelles », et reposent sur « l’initiative du conseiller ». C’est ici « l’urgence sociale et l’absence d’impulsion politique régionale […] qui ne permettent pas au système d’acteurs de dépasser sa fragmentation. »

Moteur de coopérations

De la même manière que l’entrée en formation n’est jamais aussi bien motivée que par l’existence d’un besoin, le déploiement des coopérations apparaît fortement lié à l’existence d’une problématique locale fédératrice. Ainsi en va-t-il des territoires ruraux ou de montagne à l’économie tributaire d’activités saisonnières. Ils ont, bien antérieurement au CEP, développé des coopérations pour la sécurisation des trajectoires professionnelles des travailleurs. L’existence de ces partenariats déployés pour répondre à une problématique locale, a ensuite facilité la mise en œuvre du CEP, au-delà même des éventuelles fluctuations des orientations politiques.

Les opérateurs du CEP
Pôle emploi, Apec, Missions locales, Cap emploi et, jusqu’au 31 décembre 2020, Fongecif/Opacif, remplacés par les opérateur régionaux sélectionnés par France compétences à compter du 1er janvier 2020.

 

Notes   [ + ]

1. Maintenant Opco, opérateurs de compétences.

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