Elles sont plus diplômées, ils sont mieux payés (Céreq)

« Et les femmes devinrent plus diplômées que les hommes… » Ce titre, en suspens, du Bulletin de recherches formation–emploi récemment publié, appelle à poursuivre la phrase sous forme de conséquence : « … et donc, mieux payées ». L’enquête Génération analysée par les chargés d’études du Céreq conclut autrement : les écarts se réduisent mais ne sont pas effacés. Cette étude a trouvé un écho particulier vendredi 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

Par - Le 11 mars 2019.

Si l’on se satisfait des tendances, la dernière enquête Génération du Céreq porte à l’optimisme : « En deux décennies, la place des jeunes femmes sur le marché du travail s’est améliorée ». Mais le détail des données analysées par l’enquête pourrait aussi inciter la ministre du Travail Muriel Pénicaud à ne pas baisser la garde dans son combat pour l’égalité salariale : d’une part, « ce rapprochement est en partie alimenté par la dégradation de la situation des hommes », d’autre part, « des inégalités persistent, notamment dans l’accès au statut cadre ».

Plus diplômées

Côté positif, les jeunes femmes sont désormais et d’abord, plus diplômées : elles représentent 56 % des bacheliers généraux et sont diplômées de l’enseignement supérieur dans près d’un cas sur deux (49 %) contre 40 % pour les hommes. Elles sont aussi moins nombreuses (10 %) à sortir du système scolaire sans aucun diplôme que les hommes (15 %). Cette amélioration s’observe également dans le champ de l’orientation, avec « davantage de mixité dans les choix de formation ». Certes, les bastions respectifs demeurent avec, d’un côté, les formations professionnelles industrielles de l’enseignement secondaire, les filières universitaires scientifiques et les écoles d’ingénieurs pour les garçons et, de l’autre, les CAP-BEP tertiaire, le paramédico-social et les filières littéraires du secondaire et de l’université pour les filles. Mais cette « ségrégation éducative » n’en recule pas moins pour deux raisons : premièrement, une tendance à l’équilibrage dans la majorité des filières ; deuxièmement, une augmentation des effectifs dans les filières « les moins ségréguées » et une perte d’effectif dans les filières « plus ségréguées que la moyenne ».

Rééquilibrage

En matière d’emploi, la situation des femmes s’améliore également, notamment en raison de l’évolution de la structure du marché du travail sur dix ans : d’une part, l’emploi industriel – majoritairement masculin – décline (- 31 %), d’autre part, les emplois de service – majoritairement féminins – progressent (+ 10 %). Enfin, une amorce de rééquilibrage s’observe aussi en matière de salaires, le différentiel atteignant – 11 % en 2015 contre – 20 % en 1997. L’étude du Céreq avance différents facteurs explicatifs : au-delà du recul du temps partiel, les auteurs soulignent que la hausse de leur niveau de formation a non seulement amélioré leur salaire de début de carrière, mais les a aussi protégées de la sélectivité accrue du marché du travail.

Inégalités masquées
Côté négatif, il apparaît que les « écarts moyens » à tout niveau de diplôme demeurent importants (de – 11 % à – 16 %). C.Q.F.D. : « La meilleure réussite scolaire des femmes contribue donc à masquer une partie des inégalités salariales qui perdurent à tous les niveaux de diplôme. » À noter enfin que des inégalités similaires s’observent au niveau du statut, avec une difficulté des femmes à devenir cadres dans la même proportion que les hommes de mêmes niveaux de diplôme (63 % contre 73 % en 2015 à bac +4 et +).

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