Les maisons de retraite se lancent dans l’apprentissage

Le Syndicat national des établissements et résidences privées s’est engagé à former 2 500 personnes en apprentissage et via la VAE d’ici 2022.

Par - Le 28 novembre 2019.

Fin octobre, au moment où Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle, remettait à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, son rapport sur les métiers du grand âge et de l’autonomie (lire notre article), le Syndicat national des établissements et résidences privées (Synerpa) s’est engagé d’ici 2022, à former 2 500 personnes en contrat d’alternance et via la validation des acquis d’expérience (VAE) dont 1 500 dès l’année prochaine.

Accompagnements plus performants

Grâce à cette vague de recrutements, les professionnels du grand âge souhaitent ainsi faire découvrir ces métiers aux jeunes, qui ont tendance à s’en désintéresser. « D’ici à 2030, le secteur du grand âge devra recruter plus de 300 000 personnes tant pour les établissements que pour l’aide à domicile », explique Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale de cette confédération qui rassemble 2 650 adhérents dont 1 900 Ehpad.

Afin de valider cette stratégie, le Synerpa a donc l’intention de signer une convention avec l’État pour développer l’apprentissage. « Grâce aux financements de la formation professionnelle la voie de l’apprentissage permet de proposer aujourd’hui des accompagnements plus performants qu’auparavant. Nous devons en tant qu’employeur, suivre cette voie et proposer aux jeunes générations d’intégrer nos métiers par l’alternance entre l’école et le terrain », assure Florence Arnaiz-Maumé qui reconnaît que l’apprentissage est très peu utilisé en Ehpad privé. À peine 700 apprentis sont ainsi à ce jour comptabilisés par le Synerpa. Idem dans les hôpitaux et établissements publics, où seuls 620 apprentis ont signé un contrat en 2017, soit à peine 4,5 % du nombre total de contrats conclus.

Freins levés

« Notre démarche en faveur de l’alternance via l’apprentissage et l’évolution des carrières par la VAE confirme l’importance que nos adhérents accordent à la formation professionnelle. Chaque année plus d’un salarié sur deux bénéficient d’une action de formation », pointe la déléguée générale qui précise que le Synerpa s’engage à transmettre chaque année à l’État une évaluation de ce dispositif. « Il est essentiel que les crédits de formation professionnelle soient redéployés vers le secteur du grand âge. Notre filière est porteuse en termes d’emplois. En 2018, nous avons recruté près de 12 000 salariés en contrat à durée indéterminée » précise Florence Arnaiz-Maumé qui se réjouit que plusieurs freins aient été levés récemment pour permettre le développement de l’apprentissage dans le secteur du médico-social.

Dans le privé tout d’abord, la loi Avenir professionnel (5 septembre 2018) permet aux entreprises de créer leurs propres centres de formation, les CFA d’entreprises. En théorie donc, rien n’empêche plus les groupes d’Ehpad privés d’en profiter pour former des apprentis. Ensuite, pour les hôpitaux et Ehpad publics, la loi de transformation de la fonction publique (6 août 2019) facilite le recrutement et développe les crédits à la formation d’apprentis, notamment pour les professions d’infirmiers, kinésithérapeutes et podologues.

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