Acte 3 : la formation au cœur du plan de relance

Après le choc du confinement au printemps et les premières mesures d’urgence, la France lance son plan de relance en septembre. L’État consacre 15 milliards d’euros à l’emploi et aux compétences. La formation devra répondre à des enjeux de plus long terme notamment autour des reconversions professionnelles. C’est le troisième acte de la rétrospective 2020 du Quotidien de la formation. 

Par - Le 23 décembre 2020.

Après le temps des urgences, le temps de la sécurisation. Annoncé le 3 septembre, le plan de relance du gouvernement consacre 15 milliards d’euros à l’emploi et aux compétences. Parmi les priorités, l’avenir des jeunes particulièrement impactés par la brutale dégradation du marché du travail. Le plan « un jeune, une  solution » débloque 6, 7 milliards d’euros pour des parcours d’accompagnement et de formation qualifiante (lire ci-dessous).

En ce qui concerne la formation des salariés, le plan de relance cherche à soutenir des transformations plus structurelles. Autour des filières stratégiques ou en pleine transformation et des métiers en tension, les dispositifs soutenus ciblent en particulier les reconversions professionnelles. Le FNE-Formation abondé à hauteur d’un milliard d’euros est élargi à l’activité partielle de longue durée (APLD) et financera un nouveau dispositif territorial baptisé « Transitions collectives ».

Les reconversions, une priorité du plan de relance

Deux tendances lourdes alimentent un besoin en reconversions professionnelles encore accentué par la crise. La révolution digitale et la transition écologique font évoluer les compétences et naître de nouveaux métiers. En parallèle, des secteurs souffrent depuis longtemps d’un déficit de candidats. Le travail stratégique d’identification des métiers en tension et des métiers d’avenir, déjà engagé par les branches professionnelles, doit s’accélérer. Il conditionnera le déploiement des dispositifs soutenus ou créés par le plan de relance. Parmi eux, la Pro-A soumis à un accord de branche et le CPF de transition se voient attribuer des fonds supplémentaires à hauteur respectivement de 270 millions d’euros et de 100 millions d’euros.

Un outil innovant, les « Transitions collectives »

Le succès du FNE-Formation dans sa première version a incité les pouvoirs publics à le renforcer. Les accords d’activité partielle longue durée soumis à un accord collectif peuvent désormais s’y appuyer pour financer un volet formation. Le ministère du Travail ne cache pas son attente forte de parcours plus structurants à même d’accompagner les transformations des entreprises. Mais, la principale innovation du plan de relance est le nouveau dispositif « Transitions collectives » conçu comme une arme anti-chômage.

Co-construit avec les partenaires sociaux, ce dispositif facilite les passerelles entre des entreprises amenées à se séparer d’une partie de leurs salariés et des métiers en tension ou porteurs sur le même territoire. Les modalités de sa mise en œuvre ont été précisées par le ministère du Travail à la veille des fêtes de fin d’année. Les associations paritaires Transitions Pro y tiendront une place centrale. Le plan de relance entrera en plein régime en 2021. Deux défis attendent le secteur de la formation, l’adaptation de l’offre et l’articulation des différents acteurs sur les territoires.

Sécuriser l’avenir professionnel des jeunes

Sans attendre la finalisation de son plan de relance de l’économie, le gouvernement annonce le 23 juillet un arsenal de mesures pour éviter de faire de la jeunesse une « génération sacrifiée ». Doté d’une enveloppe de 6,7 milliards d’euros, le plan « un jeune, une solution » instaure des aides exceptionnelles à l’embauche, renforce les nombreux dispositifs d’insertion existants et alloue des moyens supplémentaires à la formation. Son déploiement mobilise tous les acteurs dans les territoires :  les Régions à travers leurs Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric) revisités pour l’occasion, les Missions locales qui se voient allouer des moyens supplémentaires, ainsi que tous les acteurs du tissu économique et social. Renforcé par de nouvelles mesures, le plan jeunes gagne en visibilité avec le lancement le 19 novembre, d’une plateforme destinée à informer les jeunes et à fédérer les initiatives.


Pour aller plus loin :

Le numéro 1000 d’Inffo Formation et l’interview de la ministre du Travail, Elisabeth Borne

L’actualité du plan de relance sur le site de Centre Inffo

Le décryptage du volet cohésion sociale du plan de relance par Fouzi Fethi, responsable du pôle droit et politiques de formation à Centre Inffo


 

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