Le service militaire volontaire, un tremplin vers l’emploi, exigeant mais efficace

Le service militaire volontaire, qui vise une insertion rapide dans l’emploi, s’appuie sur la formation professionnelle, est implanté sur les territoires, et prépare à 50 métiers. Commandant du SMV, Marc Boileau interviendra lors de l’Université d’hiver de la formation professionnelle à Biarritz, vendredi 31 janvier.

Par - Le 29 janvier 2020.

Créé en 2015 après les attentats de Charlie Hebdo, le service militaire volontaire (SMV) propose à des jeunes Français décrocheurs, de 18 à 25 ans, un parcours de huit à douze mois pour se remettre debout et repartir avec un contrat de travail ou d’alternance. Le dispositif géré par le ministère des Armées offre chaque année environ 1 000 places d’accueil dans ses six centres en régions et donne d’excellents résultats : 74% des volontaires en sortent vers un emploi ou une formation, et 72% avec le permis de conduire. Alors que les jeunes accueillis n’ont pour la majorité d’entre eux aucun diplôme.

Les jeunes sont logés en caserne sur des sites dédiés, ont le statut de militaire et reçoivent une solde de 345 euros par mois. Dès leur arrivée ils font deux vœux parmi les filières proposées dans leur centre, puis un professionnel de la branche vient présenter les différents métiers afin qu’ils puissent valider leur choix. Le parcours commence par un mois de formation militaire et comportementale, suivie de quatre mois de formation scolaire et citoyenne, et de 400 heures (en moyenne) de formation professionnelle.

Savoirs de base et missions citoyennes

S’ensuit une phase de remise à niveau en mathématiques, français et informatique, est assurée par des enseignants détachés de l’Éducation nationale. Les volontaires préparent le permis de conduire, passent le certificat de secouriste du travail, et participent à des missions citoyennes : (distribution de repas avec les Restos du cœur, nettoyage de site touristique, accueil de stagiaires des Apprentis d’Auteuil mais aussi d’étudiants à HEC, etc.

L’encadrement, avec un ratio de un pour quatre, est assuré par des officiers et sous-officiers formés à la problématique de l’insertion, des « volontaires experts », et des « réservistes citoyens bénévoles » qui peuvent éclairer les jeunes sur le monde du travail.

50 métiers proposés

Le SMV propose l’accès à une cinquantaine de métiers qui recrutent. Sur chaque site l’équipe du SMV rencontre une fois par an la CCI, les organismes de formation, la Région, le Département, pour définir l’offre de formation, qui peut varier d’une année sur l’autre ou d’un site à l’autre en fonction des besoins. Les quatre grands domaines d’activité sont : BTP-électricité-métallurgie ; logistique, automobile et machines ; services aux entreprises, aux personnes et sécurité ; et agriculture, agroalimentaire et restauration.

Pour les formations très courtes, les volontaires obtiennent leur certification avant de quitter le SMV, et sont positionnés en entreprise avec un contrat de travail. À la sortie du dispositif, chaque jeune part aussi avec une solution de logement, grâce à des accords passés avec des bailleurs et des hébergeurs. Les volontaires sont suivis pendant six mois après leur sortie du SMV.

Le dispositif est financé par le ministère des Armées, qui paie les soldes et accorde un budget de fonctionnement. Le coût par stagiaire est de 20 000 euros.

Retrouver Marc Boileau, commandant du service militaire, à l’Université d’hiver de la formation professionnelle 2020.

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