Le travail temporaire instaure une GPEC de branche

L’organisation patronale Prism’emploi ainsi que la CFDT, la CFE-CGC, l’Unsa et la CFTC ont conclu récemment un accord sur des « mesures urgentes et structurelles » en faveur de l’emploi et de la sécurisation des parcours dans la branche du travail temporaire afin de faire face aux conséquences de l’épidémie de covid-19.

Par - Le 01 septembre 2020.

Au mois de juillet 2020, l’activité du secteur était toujours inférieure de 27% à ce qu’elle était en juillet 2019. Les partenaires sociaux de la branche ambitionnent de retrouver début 2022 le niveau d’activité d’avant crise. Or, « instruits par la précédente crise de 2008, nous savons que le maintien des salariés en activité partielle et la formation réduisent les risques de licenciement, d’exclusion de l’emploi et par conséquent les difficultés de recrutement lorsque l’économie repartira », explique Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism’emploi.

Demande d’assouplissement du recours à l’intérim

L’accord du 10 juillet contient des demandes d’assouplissement des conditions de recours au travail temporaire adressées aux pouvoirs publics : délai de carence ; renouvellements de contrats ; création d’un motif « reprise d’activité covid-19 » de recours au travail temporaire.

Les signataires prévoient également une « GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) de branche ». Celle-ci serait déployée en deux temps. « L’Observatoire de l’intérim et du recrutement réalisera des diagnostics territoriaux ; la démarche sera ensuite dupliquée plus largement », explique Lahouari Boubekeur, secrétaire national en charge de l’intérim à la fédération des services de la CFDT. Pour l’heure, quatre territoires ont été identifiés comme prioritaires : Toulouse, St Nazaire, Sochaux et Lille. Ils accueillent en effet de nombreuses industries dont certaines très touchées par la crise (aéronautique, automobile), or plus des trois quarts des salariés intérimaires sont des ouvriers, dont près de la moitié, non qualifiés. Afin de réduire les écarts de compétences diagnostiqués, la branche mobilisera notamment le contrat de développement professionnel intérimaire (CDPI), qui ouvre sur un diplôme ou une qualification.

Co-financement branche-État

Cette GPEC est prévue pour être co-financée par la branche et par l’État. Les signataires ont demandé une convention d’engagements de développement des emplois et des compétences (Edec) au ministère du Travail. « Le dossier est à l’instruction », déclare Isabelle Eynaud-Chevalier. La branche y consacrera également une partie de sa contribution formation de 0,3% -excédant le taux de droit commun de 1%- dédiée à l’accompagnement des publics prioritaires. Mais comme les partenaires sociaux voudraient que cette enveloppe puisse être utilisée en complément des fonds publics du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), ils demandent aux pouvoirs publics de faire évoluer sa nature juridique, qui est aujourd’hui légale mais pourrait évoluer vers une contribution conventionnelle obligatoire. « Le ministère a été réceptif à notre demande », déclare Isabelle Eynaud-Chevalier.

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