« Nous créons un hub de l’alternance » (Arnaud Muret, Opco EP)

A l’issue de la période de confinement, l’opérateur des compétences des entreprises de proximité aura accéléré sa transformation digitale et son projet de simplification administrative. L’heure est désormais à l’accompagnement de la reprise. L’Opco EP renforce sa présence dans les territoires et lance un plan de soutien d’alternance.

Par - Le 23 juillet 2020.

L’Opco EP prend régulièrement le pouls de ses 460 000 entreprises. Cette démarche initiée avant la crise sanitaire n’a jamais été aussi stratégique. Ces six derniers mois, près de 17 000 diagnostics « Reflex » ont ainsi été menés afin d’identifier leurs besoins dont 7 800 pendant le confinement. Face à cet arrêt quasi-total de l’économie et à un rebond incertain, l’opérateur de compétences a mené, dans le cadre de ce dispositif, une enquête spéciale. Les résultats confirment la fragilité des petites entreprises mais ouvrent de nouvelles perspectives en matière de développement des compétences. Si près de 60% d’entre elles déclarent que leur activité est perturbée et 48% que la reprise devrait être lente et difficile, elles sont 60% à se montrer intéressées par la formation distancielle. Une appétence d’autant plus significative qu’elle émane pour l’essentiel de TPE, traditionnellement peu consommatrices. De ce point de vue, le confinement aura joué un rôle de catalyseur. En deux mois, les dépenses de formation à distance ont atteint 4 millions d’euros, un niveau supérieur à celui de l’année 2019 (3,6 millions d’euros). Autre signal fort, selon l’opérateur, l’utilisation du fonds national de l’emploi (FNE) par ses entreprises adhérentes. Mi-juillet, l’enveloppe initiale de 5,5 millions d’euros avait été utilisée.

Simplification des démarches

Décidé à accompagner cette nouvelle dynamique dans un contexte économique très tendu, l’Opco EP amplifie ses efforts sur la simplification des démarches, l’offre d’accompagnement et son plan en faveur de l’alternance. On le sait, un des freins au recours à la formation réside dans la complexité administrative à laquelle se heurtent aussi bien les prestataires de formation que les entreprises.  «  La période de confinement a été l’occasion d’accélérer la dématérialisation de nos services et de nos process, de tester des idées nouvelles. L’objectif est d’aller aussi loin que possible dans la simplification des démarches et que toute la chaîne de traitement des dossiers puisse être accessible de son ordinateur ou de son smartphone. C’est l’objectif que nous avons pour l’apprentissage, et ce, dès septembre », déclare Arnaud Muret, directeur général de l’Opco EP. Cette offre de services en ligne va également permettre d’intensifier la pratique de subrogation, de raccourcir les délais de paiement et de rendre le système plus réactif. La transformation digitale exige toutefois encore, pour se déployer à grande échelle, l’adaptation des systèmes d’information et de l’organisation interne de l’opérateur.

Dans les territoires

Mais le « tout digital » est loin d’être la panacée. La nécessité pour l’Opco EP d’être présent physiquement sur les territoires, au plus près des dirigeants, faisait même partie des critères d’agrément regardés de près lors de la constitution des 11 opérateurs de compétences. Le mouvement de dématérialisation, en libérant des ressources internes, permettra de renforcer son réseau de 17 délégations régionales et de 220 conseillers de proximité. Cette restructuration est en cours de discussion. L’accompagnement des dirigeants sur le terrain passe aussi par des outils de communication et des plans d’actions ciblées.  » Nous avons travaillé sur un catalogue des offres distancielles et sur le déploiement de l’Afest « , précise Arnaud Muret. Mais c’est surtout sur l’alternance que l’Opco EP est attendu. Levier stratégique de l’emploi des jeunes, l’apprentissage bénéficie d’un plan de soutien d’1 milliard d’euros de l’Etat notamment à travers des aides aux employeurs. Tout se joue maintenant sur la capacité de l’écosystème de la formation à le déployer dans les entreprises et sur les territoires.

Sur le front de l’alternance

Les Opco ne s’y sont pas trompés et lancent tous un plan d’actions dédié. L’Opco EP a annoncé le sien le 1er juillet dernier. Signe encourageant, un tiers des entreprises interrogées par l’opérateur pensent embaucher dans les six prochains mois dont les deux tiers en alternance.  » Nous créons un véritable hub de l’alternance qui permettra de mettre en relation les CFA, les entreprises et les apprentis/alternants. Nous avons déjà lancé une première brique destinée aux jeunes. Le site « Bouge ton avenir » fait ainsi la promotion des métiers de nos branches », confirme Arnaud Muret. Bras armés des branches dans le développement des compétences, les nouveaux Opco représentent un maillon important. Un défi d’autant plus difficile à relever que la plupart d’entre eux n’ont pas achevé leur mue et s’interrogent sur leur équilibre financier.

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