Concertation formation professionnelle : « Je suis convaincu qu’il y a des améliorations à apporter » (Geoffroy Roux de Bézieux)

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, répondait jeudi 6 mai aux questions des journalistes de l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS), notamment sur la formation professionnelle, qui est la première thématique inscrite à « l’agenda social autonome ».

Par - Le 07 mai 2021.

Invité par l’AJIS, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a été interrogé sur la concertation qui a débuté entre organisations patronales et syndicales, autour d’un bilan de la loi du 5 septembre 2018, qui a réformé en profondeur l’apprentissage et la formation professionnelle.

Cette concertation aboutira-t-elle à un accord ? Un nouvel ANI ? « J’ai pris l’initiative de mettre le sujet sur la table car je suis convaincu qu’il a des améliorations à apporter. Je ne sais pas si ça aboutira à un accord. Il faut déjà faire un diagnostic, voir si nos constats se rapprochent, et si on peut porter des propositions communes devant le gouvernement. »

CPF co-construit

Le fonctionnement du compte personnel de formation est un élément que le président du Medef veut travailler dans cette concertation. « La philosophie du CPF est que chacun est responsable de son employabilité. En volume, on voit que plus d’un million de CPF ont été activés ou consommés, mais on se pose des questions sur le plan qualitatif : est-ce vraiment des formations utiles ? Et surtout, comment on l’articule avec le plan de formation des entreprises ? C’est le volet manquant de la réforme, le CPF est consommé directement par les salariés et l’articulation avec les entreprises ne fonctionne pas. »

Reconversions professionnelles

Un autre sujet qui sera abordé dans cette concertation : les reconversions professionnelles. « Malgré la crise, les intentions d’embauche sont supérieures à ce qu’elles étaient début 2019. Donc il va manquer des emplois, à la fois peu qualifiés et très spécialisés. Des reconversions vont être imposées par la transformation écologique et digitale. Et quand on voit toutes les fermetures de grandes enseignes commerciales, il va y avoir beaucoup de gens à reconvertir. TransCo est une bonne idée. Mais la première expérience menée par Korian et Derichebourg montre que c’est une usine à gaz sur le plan administratif. » Geoffroy Roux de Bézieux souhaite en discuter avec le gouvernement, sans livrer pour l’instant ses propositions.

Sur le volet formation, le Medef s’interroge aussi sur le financement du PIC (pacte d’investissement dans les compétences) : « Faire payer les entreprises pour la formation des demandeurs d’emploi est en soi discutable. Le gouvernement nous assure que le PIC marche très fort, mais on aimerait en savoir plus », note son président.

Apprentissage

En revanche, le Medef ne cache pas sa satisfaction sur l’apprentissage. « On est en pleine crise économique et on pulvérise tous les records, on est à 520 000 recrutements d’appentis. On a vraiment fait décoller l’apprentissage. La prime a bien sûr été un déclencheur et je suis favorable à ce qu’elle soit reconduite en 2022. Reste un sujet à creuser sur le nombre de ruptures de contrats d’apprentissage, qui reste élevé. »


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