Des formations plus longues en Ile-de-France (Stéphanie Von Euw, Conseil régional)

Après une année 2020 troublée, Stéphanie Von Euw (groupe Libres, Républicains, indépendants), vice-présidente de la Région Ile-de-France en charge de l’emploi et de la formation professionnelle dresse un bilan de la mandature, alors que les électeurs sont appelés à renouveler les exécutifs régionaux les 20 et 27 juin prochains. Le PRIC (Pacte régional d’investissement dans les compétences), signé avec l’Etat en avril 2019, commence à se déployer.

Par - Le 21 mai 2021.

Le contrat octroie à l’Ile-de-France un budget de 250 millions d’euros par an « au profit de formations ciblées et qualitatives, particulièrement pour les publics les plus fragiles », les jeunes sans qualification et les demandeurs d’emploi de longue durée.

S’il est « trop tôt » pour dresser un bilan, « les objectifs en termes d’entrée en formation ont été dépassés en 2019, avec 80 000 contre 40 000 l’année précédente ». L’objectif pour 2021 est d’atteindre 110 000 entrées en formation, « et nous voyons déjà une augmentation se profiler ».

Formations plus longues

Au-delà des chiffres, « l’un des principaux changements a été d’aller vers des formations plus longues, six mois et plus, et qualifiantes ». L’idée étant « d’avoir des parcours de formation mieux ciblés », qui « répondent davantage aux besoins de l’économie et des entreprises ». Ainsi, 25 bassins d’emploi ont été créés dans la région pour décliner les formations en fonction des besoins des territoires. La Région a également mis en place des dispositifs d’incitation pour les formations dans les métiers en tension (sécurité, médico-social, environnement, agriculture, BTP, numérique…) sous forme d’une prime de 1000 euros. Et pour lever certains freins à l’embauche, « nous finançons le permis de conduire pour les jeunes en insertion ».

L’année 2020 a été marquée par la crise sanitaire, qui a provoqué un arrêt total des formations lors du premier confinement. Les deux tiers des formations ont été effectuées au cours des trois derniers mois de l’année. Mais cette crise a aussi été un vecteur d’accélération dans la « réinvention du secteur de la formation ». Par exemple, « 10 000 places ont été créées en e-learning, en suivant un cahier des charges de la Région ». Une avancée « indispensable » pour Stéphanie Von Euw, qui estime que la modernisation du secteur de la formation est un « grand chantier en cours ». « Certaines formations proposées ne sont plus en adéquation avec les attentes actuelles du monde du travail », ajoute-t-elle.

Angle mort de la loi Avenir professionnel

La vice-présidente regrette que l’apprentissage ait été retiré des compétences de la Région par la loi Avenir professionnel de 2018, « alors que c’est l’une de nos priorités ». Pour continuer à soutenir l’apprentissage, « nous avons créé une aide de plus de 300 euros pour la rentrée des apprentis ». Par ailleurs, « nous maintenons des investissements dans les centres de formation d’apprentis, dont certains sont en grande difficulté avec la baisse de leurs effectifs et nous abondons ceux qui forment dans les métiers en tension ou sont implantés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville ». Selon Stéphanie Von Euw, « la loi crée des angles morts, comme le fait que la Région n’ait pas compétence à intervenir sur les dispositifs de transition professionnelle des salariés. Or, avec la crise, les entreprises sont nombreuses à solliciter un interlocuteur public sur ce sujet ».

Le plan de relance a été une source d’investissement en faveur de la formation professionnelle en Ile-de-France, notamment pour les formations du secteur sanitaire et social ou celles liées au JO de 2024. Le plan de relance vise certains secteurs, qui, même avec la crise, peinent à recruter. « Ces métiers peu attractifs souffrent aussi du manque de formation ou de leur inadaptation », constate Stéphanie Von Euw, qui juge que « le premier moyen de les rendre attractifs, c’est par le biais de la formation professionnelle. »

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