Le cabinet Asterès présente 12 mesures pour soutenir l’effort de formation indispensable à la reprise post covid

Mandaté par la FFP (Fédération de la formation professionnelle), le cabinet Asterès publie un rapport qui place la formation au cœur de la stratégie de relance économique et détaille des ajustements ciblés sur des dispositifs existants.

Par - Le 22 juin 2020.

Parmi les 12 mesures retenues, l’élargissement du Fonds national emploi formation à tous les salariés des entreprises de taille intermédiaire, l’extension du plan de soutien à l’apprentissage et le soutien à l’investissement dans la filière.

Alors que le gouvernement planche sur un plan d’adaptation de la politique des compétences articulé avec le plan de relance économique, le cabinet d’études et de conseil Asterès, mandaté par la FFP, a présenté son rapport le 18 juin dernier. « Nous avons demandé cette étude afin d’objectiver la situation et d’avancer des pistes d’ajustement des dispositifs pour faire de la formation un des leviers stratégiques de la relance », déclare, en préambule, Pierre Courbebaisse, président de la FFP.  Sur le rôle déterminant que jouera le développement des compétences, tout le monde semble d’accord. « La clé de la réussite de la sortie de crise réside dans la productivité. Or, le capital humain est au centre du sujet. Au-delà, seule la formation peut permettre d’accompagner la révolution numérique dont le confinement a révélé les déficits de compétences et les relocalisations industrielles », confirme Nicolas Bouzou. Selon l’économiste et directeur du cabinet Asterès, les entreprises entrent, comme à chaque crise économique, dans une logique de réductions des coûts et de stratégies à court terme.

Forte inquiétude pour les entreprises de 50 à 250 salariés

L’inquiétude est particulièrement forte sur le segment des entreprises de 50 à 250 salariés. Ces dernières, pourtant considérées comme un maillon stratégique, ont, depuis la dernière réforme, vu leur accès aux fonds mutualisés fortement réduit. Selon Asterès, les ETI (entreprise de taille intermédiaire) contribueraient pour 1,7 milliard d’euros et ne recevraient que 500 millions d’euros au titre de la formation. Le constat étant posé, le rapport détaille et chiffre 12 propositions afin d’intensifier les efforts de formation. Sur l’approche, là aussi, tout le monde semble d’accord. « Il ne s’agit pas de créer un nouveau big bang mais bien d’aménager les dispositifs existants en jouant sur leurs critères d’éligibilité ou les conditions de leur utilisation », explique Charles-Antoine Schwerer, économiste chez Asterès.

Un FNE-Formation pour tous les salariés des ETI

Le cabinet Asterès retient notamment une mesure volontariste en soutien des entreprises de taille intermédiaire. Le dispositif du FNE (Fonds national de l’emploi) -Fomation déjà renforcé lors de la crise sanitaire pour bénéficier à tous les collaborateurs placés en activité partielle devrait ainsi être étendu à l’ensemble des salariés des entreprises de 50 à 250 salariés. Envisagé sur une durée de deux ans, cet aménagement mobiliserait, selon le cabinet conseil, 1,2 milliard d’euros. Autre mesure dont l’impact serait significatif, le plan de soutien de l’apprentissage annoncé par le gouvernement devrait aller plus loin en prolongeant de six à neuf mois l’entrée préalable en formation, en l’étendant à toutes les entreprises et à tous les niveaux de diplôme. Coût estimé de ces extensions de l’aide unique, 750 millions d’euros. « La réforme de l’apprentissage a créé une véritable dynamique, il ne faut pas risquer de faire de cette crise conjoncturelle une crise structurelle en limitant le périmètre de ces aides », insiste Vincent Cohas, directeur général de Cesi et vice-président de la FFP. Enfin, Asterès préconise de réduire les délais de paiement des financeurs publics et paritaires afin de préserver la trésorerie et donc la capacité d’investissement des entreprises de formation face à une exigence plus que jamais stratégique d’innovation de l’offre. Tous les dispositifs sont ainsi revisités dans le rapport : relever l’éligibilité du plan d’investissement dans les compétences (PIC) aux niveaux IV pour les demandeurs d’emploi ou encore élargir la préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) aux salariés dont l’emploi est menacé pour en faire un outil de reconversion collective.

Le CPF, levier d’investissement dans les compétences

Le nouveau compte personnel de formation (CPF) lancé en novembre 2019 peut, lui aussi, jouer un rôle de levier d’investissement dans les compétences. Les dispositifs d’abondement tant attendus doivent impérativement être prêts en septembre prochain si l’on veut créer une dynamique. « Il est crucial et urgent de libérer la capacité d’abondement et de lever les freins à leur développement », affirme Guillaume Huot, membre du directoire du groupe Cegos et vice-président de la FFP qui reprend, par exemple, la proposition du rapport de remplacer l’obligation d’un accord collectif par une obligation d’informer le CSE pour les entreprises de moins de 250 salariés. Détaillées et chiffrées, ces mesures contribuent au débat déjà bien engagé dans les concertations en cours sur le plan d’adaptation de la politique des compétences.

 

 

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