“Des soft skills pour des hard jobs ?” (Maurice Thévenet, Fnege)

Les soft skills, ou compétences comportementales. Sujet fort du moment ! Maurice Thévenet, délégué général de la Fnege (Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises) analyse le concept en ouverture de la 17e Université d’hiver de la formation professionnelle, mercredi 29 janvier à Biarritz.

Par - Le 30 janvier 2020.

https://youtu.be/jNEFO9j8yK0

Maurice Thévenet, délégué général de la Fnege (Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises) se place d’entrée de jeu dans l’ancien monde, alors que les soft skills qu’il présente après l’intervention de Muriel Pénicaud, sont furieusement du nouveau monde. Démontrant dans une rhétorique amusée qu’à l’époque des “hard skills” correspondaient les “soft jobs”, alors que l’équation du jour conjugue “soft skills” et “hard jobs”, il déroule un plaidoyer pour la stabilité. 

Les soft skills sont des “caractéristiques liées à la  personnalité, dit-il, à l’intelligence émotionnelle, sociale”. Regroupant la capacité à se mobiliser, à être créatif, à apprendre, à questionner, mais aussi à collaborer, elles s’acquièrent avec l’expérience. Et donc avec le temps, s’amuse le professeur. Or il s’agit aujourd’hui d’enseigner aux jeunes générations de façon accélérée “la capacité à se situer, à s’accepter” et ne pas “attendre que les gens soient en préretraite avant d’avoir acquis les soft skills”… 

Persévérance, pratique délibérée, sens

Citant le travail d’une sociologue américaine qui a étudié les recrues de Westpoint et déterminé que ceux qui vont au bout de l’académie militaire sont ceux qui ont la “niaque”, il évoque l’alliance nécessaire de “la persévérance et de la passion”. On apprend car on y trouve un intérêt, encore faut-il l’avoir déterminé. Deuxième principe utile aux formateurs : la “pratique délibérée”, qui part de la détermination d’un objectif, de son analyse pour pouvoir se projeter. Troisième principe à la mode : le “sens”, or “on ne donne pas de sens, on le découvre”, insiste Maurice Thévenet, arrimé à la notion de l’accompagnement. Chacun développe ses propres compétences par ses propres moyens…

Du côté des entreprises, et des hard jobs, “la dure réalité du travail et de l’emploi”, des invariants persistent. Maurice Thévenet décrit trois modèles économiques liés à la performance. Le premier, celui du low cost, place la performance dans les capacités de production sans trop s’attacher au développement des compétences. Le deuxième modèle s’attache à la performance grâce à ses talents, “la combinaison rare des personnes rares”. Là, les soft skills sont importants. Et puis le troisième modèle, celui de l’engagement, nécessite que tous soient engagés dans un processus commun. 

Le sentiment d’être utile

Autres invariants, le besoin des hard skills encore et toujours, d’une certaine littératie nécessaire aux métiers. “Les soft skills ne sont pas un moyen de remplacer les hard skills”, assure-il. Et pour résister aux sirènes contemporaines, il rappelle que si les personnes aspirent à la “mobilité” professionnelle, elles ne réalisent pas toujours cet objectif. Et que dans les enquêtes de satisfaction, c’est le sentiment d’être utile dans son travail qui est le plus souvent exprimé. 

Ainsi si tout change, “tout ne va peut-être pas aussi vite qu’on veut bien le dire”, conclut Maurice Thévenet. Aux formateurs, il glisse qu’il faut “certes être proactif mais que les gens développent leurs compétences eux-mêmes”. Accompagner reste donc un des hard skills du métier… 

En accès libre, le dossier de ressources documentaires de l’UHFP 2020.

 

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