La formation, une politique corrective de la branche Propreté

Par - Le 17 avril 2019.

« Nous sommes satisfaits de l’Opco 11 (Opco des services à forte intensité de main d’oeuvre), même si ça a été un parcours de combattant, a déclaré Philippe Jouanny, président de la fédération des entreprises de propreté lors du salon biennal  Europropre à Paris Porte de Versailles, le 16 avril. C’est un Opco hybride, avec un zeste d’interpro, qui reste principalement interbranches », a-t-il ironisé.

Carole Sintes, directrice générale de la FEP,  évoque des discussions difficiles avec le Medef. Mais l’Opco 11 a déposé ses statuts le 1er avril, une instance de préfiguration travaille pour structurer le futur opérateur et il est l’heure de se concentrer sur l’important : « les compétences de nos salariés ».

Un secteur dynamique mais peu attractif

Le secteur a créé près de 90 000 emplois en dix ans, il emploie aujourd’hui 500 000 personnes (2/3 de femmes). Près de la moitié des salariés sont sans diplôme, et le secteur souffre d’une image peu attractive. Pourtant, les contraintes et les protocoles des différents environnements (santé, industrie, transports, équipements collectifs, etc.) ont amené à la création d’une filière de formation complète, du CAP au master, en passant par 8 certificats de qualification professionnelle (CQP).

Depuis 2007, 20 000 CQP ont été délivrés, et chaque année, ce sont 1 600 apprentis, plus de 3 000 contrats de professionnalisation et 3 900 élèves en lycées professionnels qui sont formés à ces métiers. Si le secteur n’a pas la culture de l’apprentissage comme d’autres, il est en hausse de 15% en trois ans, et obtient un taux de 85% de réussite.

Développer l’apprentissage

La Branche s’est doté d’un fonds dédié à la politique de responsabilité sociale et environnementale (Fare) qui a créé une aide (mobilité, logement, etc.) pour les alternants, permettant de réduire d’un tiers le taux de rupture des contrats. Et elle assure l’hébergement collectif des alternants situés à plus de 50 km du CFA.

Le secteur se fixe un objectif de 2 000 alternants en 2020, dans ses 7 CFA. Il faut encore convaincre de l’intérêt du secteur : « Notre branche bénéficie d’un ascenseur social qui fonctionne et qui est hyper rapide », plaide Philippe Jouanny.

Innover et former au numérique

La Fédération a profité du salon pour lancer un dispositif e-learning de prévention de la discrimination. « La loi dit que les entreprises de plus de 300 salariés doivent former toutes les personnes en charge du recrutement à la non-discrimination, précise Katia Marembert, responsable Développements RH et Emploi à la FEP. Mais elle ne dit pas comment ». L’e-learning avec ces cinq modules courts, indépendants, contextualisés au monde de la propreté permet de remplir cette obligation. Et de décrocher un certificat si l’on obtient 70% de réussite au quiz final.

Autre sujet d’innovation : le numérique qui, sans disrupter le secteur, apporte son lot de nouveautés : bâtiments connectés, gestion des agendas en ligne, robotique… des actions de formation sont en réflexion, suite à une étude prospective réalisée en 2018 par le cabinet Accenture.

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