Mardi 20 janvier, à Paris. Jules Donzelot, sociologue de l’éducation, directeur scientifique et développement de JobIRL, présente l’étude d’impact du programme Mon alternance sur mesure.
Mon alternance sur mesure, un programme d'accompagnement de JobIRL
L'alternance est un puissant levier d'insertion professionnelle pour tous. Mais pour les jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), son efficacité dépend étroitement d'un accompagnement qualitatif, humain et personnalisé. C'est l'ambition du programme Mon Alternance sur mesure de JobIRL.
Par Nicolas Deguerry - Le 23 janvier 2026.
En 5 ans, l'entreprise JobIRL créée par Christelle Meslé-Génin a accompagné 1 200 jeunes sur le chemin de l'alternance, dont plus de 70 % ont trouvé un contrat. Au cœur de la démarche, se trouve le programme Mon Alternance sur mesure (MASM), qui permet à des jeunes des QPV d'accéder à cette voie de formation. Il ne s'agit pas seulement de trouver une alternance mais de « sécuriser les parcours » de jeunes souvent isolés et manquant de confiance, explique Anne Gillet, déléguée régionale JobIRL Ile-de-France. En misant sur la qualité de l'accompagnement plutôt que sur la quantité, l'objectif est de transformer des trajectoires incertaines en succès professionnels durables.
Accompagnement de long terme
Le programme MASM se déroule en trois actes. Le premier propose un accompagnement collectif qui permet de travailler des fondamentaux souvent négligés comme la connaissance de soi, l'élaboration du projet professionnel, la prise de parole et la posture. Le second s'incarne dans des sessions « Job Meeting » où les jeunes rencontrent des entreprises partenaires, qui combinent simulations d'entretiens et recrutements effectifs. Le troisième, essentiel au succès durable du dispositif, propose un suivi de long terme qui peut s'étirer sur des années, créant un « vrai lien de confiance » sinon « d'amitié. »
Étude d'impact
L'alternance, ça marche ? Oui, selon l'analyse d'impact pilotée par Jules Donzelot, sociologue de l'éducation et directeur scientifique et développement de JobIRL. Plus précisément, « ça marche » mais « ça ne marche pas tout seul. » Les jeunes les plus découragés ou éloignés des codes ont besoin d'aide pour en bénéficier pleinement. Les données chiffrées rappellent que les jeunes des quartiers politiques de la ville accèdent moins à l'alternance (23 % contre 33 % en dehors des quartiers politiques de la ville), alors même que, lorsqu'ils y accèdent, l'effet sur l'emploi est majeur : un gain de +18 points d'accès à l'emploi par rapport à ceux qui ont un parcours sans alternance.
S'agissant du programme MASM, la question centrale demeure la mesure des « sorties positives », explique Jules Donzelot. Ceci, sachant que l'entrée dans MASM se fait via la recherche d'une alternance et que beaucoup de jeunes entrent sans projet précis. L'accompagnement collectif et individuel, prolongé dans le temps, permet d'aboutir à un projet mieux adapté au jeune : alternance, formation ou emploi direct. En moyenne, sur 100 sorties positives, 48 % accèdent à l'alternance, 39 % à la formation et 12 % à l'emploi en direct. Le sociologue le précise, des variations importantes s'observent selon les filières : les techniques et industrielles privilégient l'alternance, tandis que des secteurs comme le transport et la logistique orientent davantage vers la poursuite de formation. Les résultats dépendent donc des secteurs d'activité et du discours des entreprises, ce qui confirme la logique du « projet adapté. »
L'avis des acteurs
Du point de vue des jeunes, MASM opère d'abord une sortie de l'isolement, avec 3 jeunes sur 4 qui déclarent « Je n'y serais pas arrivé sans l'aide de JobIRL. » S'observent notamment un gain tangible de confiance en soi, un apprentissage des codes de l'entreprise et l'accès à un réseau de partenaires.
Du point de vue des entreprises, l'attente est qualitative plutôt que quantitative. Elles ne recherchent pas un « volume » de candidats, mais des candidatures de qualité, mieux préparées, qui évitent de perdre du temps — voire en font gagner — et ouvrent l'accès à des viviers difficiles à recruter mais indispensables. Les jeunes arrivent avec des candidatures « préparées, outillées, assumées. »
Du point de vue des établissements, c'est aussi l'approche qualité à tous les niveaux relationnels — entre Job IRL et les établissements, Job IRL et les entreprises, et entre les jeunes et les entreprises — qui fait la différence.
| AYMEN FENINICHE, DE SAINT-DENIS À SAINT-GOBAIN Bénéficiaire du programme MASM, Aymen Feniniche témoigne. Aujourd'hui chef de projet junior Data en alternance sur un équivalent Master chez Saint-Gobain, il raconte un parcours chaotique. Né de parents immigrés algériens arrivés en France dans les années 90, il s'est trouvé à deux doigts d'abandonner l'école, avant d'être rattrapé par une classe Mission de lutte contre les décrochages scolaires (MLDS) et d'obtenir un bac pro. Il choisit ensuite de travailler après un BTS, puis reprend ses études deux ans plus tard à la faveur d'une rencontre avec JobIRL. Principal apport de MASM ? Avant tout la « confiance en soi », insiste-t-il. Parmi les apports concrets, Aymen Feniniche cite le « pitch » (se présenter rapidement et convaincre) et le « self branding » (se mettre en valeur, raconter une histoire), notions qui lui étaient inconnues avant Job IRL et qui « ont totalement marché. » Son coup de cœur ? Les techniques de non-verbal et de gestuelle issue du théâtre ! |
- JobIRL, l'orientation In Real Life : jobirl.com/

