Portrait de Ludovic de Gromard, co-fondateur de Chance

Ludovic de Gromard, co-fondateur de Chance

Chance : trouver sa voie avec la « psytech »

Nouveau venu sur le marché de l’accompagnement, Chance parie sur la complémentarité entre l’humain et la technologie pour aider à trouver sa voie. Le concept ? La psytech. Explications avec l’un des cofondateurs, Ludovic de Gromard.

Par - Le 23 décembre 2020.

Chance, c’est d’abord une aventure entrepreneuriale hors norme. Diplômé de l’Essec avec l’ambition de développer une activité sociale, Ludovic de Gromard commence par compléter sa formation d’un MBA sur le développement économique en Argentine. Suit un début de carrière internationale avec de nombreuses missions de recrutement et, à chaque fois, ce constat récurrent : autant la vérification des compétences s’avère possible, autant la mesure de l’engagement des candidats se heurte à leur incapacité à décrire les motivations qui les ont conduits à choisir leur métier. Y aurait-il un lien avec ces 67 % de personnes qui se déclarent peu engagées dans leur travail ? Ludovic de Gromard en est d’autant plus convaincu qu’il sait que ce manque de motivation frappe indistinctement, quel que soit le profil économique et socio-culturel de la personne. Mais si les cadres supérieurs disposent de coachs et d’outils méthodologiques efficaces, le coût de l’accompagnement se révèle prohibitif.

Psytech

Et si la solution passait par l’imbrication de la psychologie, de la technologie et de la science des données ? Ce sera la « psytech », un parcours d’accompagnement 100 % à distance combinant séances d’auto-coaching assisté par le digital et séances de vidéo-coaching assurées par l’un des 100 coachs professionnels partenaires de Chance.

Andrei Vazhnov, responsable de l’innovation chez Chance, évoque la complémentarité de la technologie et de l’humain

Avec une clientèle qui s’étend de l’Essec aux demandeurs d’emploi, l’entreprise fait le pari d’une démocratisation de l’accompagnement par la technologie (voir encadré). Créée en 2015 à San Francisco, testée au Brésil, la solution Chance s’est recentrée en 2020 sur le marché français, où elle revendique déjà 20 000 bénéficiaires.

Avant d’en arriver là, Ludovic de Gromard sera allé pitcher son concept au Bengladesh auprès de Mohammed Yunnus, le Prix Nobel de la paix fondateur de la Gramming Bank. Séduit, l’iconique entrepreneur social accorde son soutien et devient le président de Chance. Depuis 2015, 10 millions d’euros ont été investis dans la recherche « psytech », dont 2,3 millions alloués par Google.org. Comment ça marche ? À grand renfort d’algorithmes, la plateforme Chance construit un parcours de 30 heures étalé sur trois mois qui conduit le bénéficiaire de l’« introspection » à la « validation » de son projet professionnel, en passant par l’« exploration. » 

« Aucun humain n’a la capacité d’embrasser la complexité du monde du travail, la tech ne peut pas le faire seule. »

« La psytech entremêle les activités automatisées et les séances vidéo assurées par un coach professionnel, c’est cette complémentarité entre la capacité de calcul de la machine et la finesse de l’interaction et de la psychologie humaine qui permet d’aller plus loin », assure le cofondateur de Chance. Dans un dialogue permanent entre auto-coaching et vidéo-coaching, la data va par exemple permettre de dresser une liste de 12 pistes professionnelles alignées avec le profil du bénéficiaire, alors que le coach professionnel pourra lui intervenir sur une barrière psychologique de type croyance limitante.

Revisiter le bilan

Le format et les trois phases du parcours Chance ne sont pas sans rappeler le bilan de compétences, prestation à laquelle émarge Chance dans le cadre du compte personnel de formation (CPF), sans toutefois jamais s’y référer. « Le nom même de bilan de compétences montre que l’on commence par travailler sur les compétences des gens », justifie Ludovic de Gromard. Pour lui, il importe de sortir du « Dis-moi ce que tu sais faire et je te dirais ce que tu vas faire », pour passer à un « Dis-moi ce que tu veux faire et on va identifier comment tu peux le faire ». D’où l’importance primordiale accordée au « bilan d’inspirations » et au « bilan d’impératifs de vie », qui précèdent et complètent l’approche par les compétences.

Autre différence revendiquée, la prestation propose d’intégrer au terme du parcours une « chaîne de recommandations » développée avec Accenture : « à l’issue de la phase intensive de trois mois, nous certifions l’adéquation d’une personne à un travail, cela permet aux autres bénéficiaires, passés par le même parcours, de « dé-risquer » le fait de présenter un talent à ses contacts », estime Ludovic de Gromard. Et de rappeler le pari de Chance : « Créer l’engagement en permettant aux individus de faire le choix d’un métier qui les rendra heureux. »

Chance, la hi-tech au service de l’ESS
Entreprise de l’économie sociale et solidaire, Chance prévoit dans ses statuts qu’au moins 25 % de sa clientèle annuelle dispose d’un salaire inférieur à 1 400 euros net par mois. Pour toucher son public cible, l’entreprise mise sur le bouche-à-oreille, investit les réseaux sociaux et a créé la plateforme d’aide à la définition de projet Mavoie.org avec trois autres structures sociales[ 1 ]Bayes Impact, Génération France et Jobready.. Chance est aussi proposé dans le cadre du projet PIC 100 % Inclusion Réalise Tes Rêves (RTR) initié à Paris, Marseille et Roubaix. Le parcours Chance – 24 heures d’auto-coaching en ligne et 6 heures de vidéo-coaching – est facturé 1 200 euros. La prestation est éligible au compte personnel de formation (CPF) au titre du bilan de compétences.

Un essai gratuit de 3 heures est disponible sur le site https://www.chance.co/fr.

Notes   [ + ]

Centre Inffo vous conseille également

Digiforma