Le 31 août 2022, David Margueritte, président délégué de la commission éducation orientation, formation, emploi des Régions de France ; François Bonneau président de la commission, ; et Kamel Chibli, président délégué éducation-orientation.

Régions de France appelle à ne pas opposer apprentissage et voie professionnelle

François Bonneau, président de la Commission Education Orientation Formation Emploi des Régions de France a plaidé pour « un pilotage public » de l’apprentissage afin de limiter les surcoûts, lors d’une conférence de presse de rentrée mercredi 31 août.

Par - Le 01 septembre 2022.

« La réforme de 2018 n’est pas équitable. La concurrence entre les CFA crée des surcoûts, nous en appelons à un pilotage public qui n’existe pas. » Alors que l’apprentissage est sorti du domaine de compétence des régions après la réforme, François Bonneau a appelé au développement de l’apprentissage et des lycées professionnels, « sans opposer les deux systèmes ». Le gouvernement prépare actuellement une réforme des lycées professionnels, qui prévoirait une plus longue durée de stage rémunéré en entreprises pour les élèves. Pour François Bonneau, un pilotage public est indispensable « pour éviter la concurrence entre les systèmes » et que l’offre de formation soit en adéquation avec les besoins des territoires.

Failles du système

« Nous considérons qu’il y a une cohérence entre le développement économique et la simplification du champ de la formation professionnelle », abonde David Margueritte, président délégué de la Commission, qui relève les failles du système : l’apprentissage augmente mais bénéficie essentiellement à l’enseignement supérieur, les contrats de professionnalisation baissent drastiquement et les aides massives aux entreprises créent un effet d’aubaine. En outre, la dérégulation a mené parfois à de la concurrence, « avec un CFA qui ouvre à 100m d’un lycée professionnel dans lequel nous avions investi pour rénover le plateau technique ». Pour les Régions de France, ces faiblesses « doivent être corrigées d’urgence » pour que la formation réponde aux attentes des jeunes et aux besoins des entreprises.

Tension entre l’offre et la demande en compétences

François Bonneau remarque une « tension » entre l’offre et la demande en compétences, avec « d’abord les problèmes de recrutement de l’hôtellerie restauration, mais aussi dans les métiers du numérique ou aujourd’hui parmi les chauffeurs de car ». Dans ce contexte difficile, « il faut que nos jeunes aient conscience de l’existence des métiers et que nous ayons une orientation qui donne une connaissance des métiers. » L’orientation, que les régions doivent assurer dès le collège, sera un élément phare du congrès des régions de France qui aura lieu à Vichy les 15 et 16 septembre.

Pénurie de chauffeurs de cars

Afin de répondre à la problématique du manque de chauffeurs de cars, « les régions ont fait un effort dans leurs budget formation pour aller chercher des demandeurs d’emploi ». François Bonneau a souligné la difficulté de ce métier, « souvent exercé en temps partiel subi, avec des amplitudes horaires considérables pour une rémunération de 60% du Smic ». Il a utilisé l’exemple de la formation de demandeurs d’emplois pour devenir chauffeurs de cars grâce au PIC (Plan d’investissement dans les compétences) pour demander la pérennisation et l’assouplissement du dispositif, imaginant l’étendre au-delà des demandeurs d’emploi. « Un aide-soignant qui voudrait devenir infirmier doit passer par la case chômage pour en bénéficier, ce n’est pas logique ».

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