En Guadeloupe, le pacte régional d’investissement dans les compétences dope le nombre d’entrées en formation

Comment la Région Guadeloupe répond-elle aux besoins de sa population en formation professionnelle ? Jennifer Linon, présidente de la commission formation du Conseil régional, détaille le bilan de l’assemblée élue en 2015. « Nous avons joué le jeu de toutes les déclinaisons des programmes proposés par l’État, à commencer, en 2015, par le plan 500 000 formations supplémentaires », affirme-t-elle.

Par - Le 01 juin 2021.

La Région, qui affichait un taux d’entrées en formation annuel de 2200 entrées par an, a augmenté de 5300 le nombre d’entrées grâce à ce plan. Puis, entre 2015 et 2017, « nous avons compté 11 400 entrées, pour un coût moyen de 3000 euros par personne formée », explique Jennifer Linon.

Dialogue avec l’ensemble des acteurs

La Guadeloupe connaît des problématiques particulières, dues à la géographie — un archipel qui rend les déplacements difficiles — et un manque d’équipements techniques. La question de la durée des formations et de leur localisation est donc cruciale. Répondre à ces difficultés spécifiques nécessite de « dialoguer avec l’ensemble des acteurs de la formation professionnelle », constate Jennifer Linon. « Nous avons donc redonné sa place au Crefop (comité régional pour l’emploi, la formation et l’orientation professionnelles), qui rassemble l’Etat, la Région et les partenaires sociaux ».

Avant la loi de 2018, qui lui a retiré cette compétence, la Région a porté une attention particulière à l’apprentissage. Elle a investi dans l’équipement des différents CFA (centres de formation d’apprentis) et des MFR (Maisons familiales et rurales) existants. En effet, « nous demandions systématiquement aux CFA de quels plateaux techniques ils disposaient pour proposer telle ou telle formation ». Si l’équipement était manquant, ils pouvaient demander une subvention à la Région. C’est ainsi que la MFR du Lamentin a été dotée d’une cuisine moderne, « mais aussi de vestiaires ». Car, comme le souligne Jennifer Linon, « on ne peut pas demander à des jeunes de vivre dans des conditions indignes toute la semaine » et l’apprentissage reste « une voie qui manque d’attractivité en Guadeloupe ».

Nouveaux moyens d’action

Le Pric (pacte régional d’investissement dans les compétences) a donné de nouveaux moyens d’action à la Région, qui s’ajoutent au plan de formation habituel. « Le Pric vise un public très éloigné de l’emploi, avec un objectif de proposer des formations sur mesure et qualifiantes », rappelle Jennifer Linon. « Ces formations-là fonctionnent par module, pas par session, afin de s’adapter aux besoins de chacun. » Entre 2019 et 2020, 5376 personnes en ont bénéficié. Avec le plan de relance, au niveau régional, le Pric a permis de cibler les besoins prioritaires du territoire en termes de formation. Ce qui correspond d’abord au BTP, avec de gros chantiers en cours comme la construction du nouveau CHU (centre hospitalier universitaire), qui nécessite de la main-d’œuvre dans tous les corps de métier. Mais aussi à l’agro-transformation, notamment sur le secteur de Grande-Terre, à l’ESS (économie sociale et solidaire), à l’économie de la mer, au numérique et à la transition écologique. « Nous avons ouvert des appels à projets sur ces cinq thématiques, précise Jennifer Linon. Les centres de formation sont très réactifs et ce sont eux, les acteurs de la formation professionnelle, qui vont proposer des projets adaptés aux besoins des territoires et aux conséquences de la crise. »

Modernisation

Toutefois, la crise sanitaire a révélé une nécessité de « modernisation des programmes et des actions de formation ».  Malgré des investissements dans le haut débit, tout le monde n’a pas accès au réseau internet, à cause de zones blanches persistantes, ce qui rend difficile, notamment, les formations à distance comme elles ont pu avoir lieu ailleurs lors de la crise sanitaire.

 

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