Korian et Derichebourg prennent en main le dispositif TransCo  

A l’initiative du premier projet concret TransCo, les groupes Derichebourg et Korian travaillent depuis longtemps sur le sujet des passerelles inter-sectorielles pour répondre à leurs problématiques de gestion des compétences. Le dispositif expérimental leur a permis de sauter le pas. Nadège Plou, DRH de Korian France et Malika Bouchehioua, DRH de Derichebourg, témoignent d’une démarche exigeante.

Par - Le 10 mai 2021.

Séduisant sur le papier, TransCo devait faire ses preuves pour convaincre. Depuis le lancement officiel du premier déploiement du dispositif par Derichebourg et Korian le 7 avril dernier, c’est chose faite. D’ici la fin 2021, une cinquantaine de salariés du groupe de propreté pourront se reconvertir et trouver un poste d’aide-soignant auprès du gestionnaire de maisons de retraite médicalisées. Les deux groupes accompagnés par S2H Consulting ont construit, sur la base du dispositif TransCo, un montage « gagnant-gagnant ». Le projet a vu le jour suite à un long process sur la gestion des compétences. Restait ensuite à s’entendre sur le financement du reste à charge pour ces entreprises de plus de 1 000 salariés et à sécuriser le parcours de formation de 14 mois à l’issue duquel Korian s’est engagé à embaucher les volontaires.

Anticiper

Derichebourg et Korian travaillent depuis longtemps la question des passerelles inter-sectorielles. « Nous sommes très mobilisés sur le sujet de l’attractivité de nos métiers. Nous sommes très actifs pour promouvoir nos équipes et trouver des solutions innovantes pour recruter et former. Nous avons des échanges réguliers avec des entreprises d’autres secteurs d’activité et tous les acteurs de l’emploi. Nous étions donc déjà prêts quand le dispositif TransCo est né », confirme Nadège Plou, DRH de Korian France. Pour Derichebourg, l’enjeu est différent dans un groupe qui recense près de 1 000 fonctions sur des expertises et des qualifications très différentes.  « La question de la mobilité professionnelle de certaines catégories de salariés a toujours été un sujet fort de notre dialogue social. Nous avons notamment mené des réflexions sur des passerelles possibles vers d’autres secteurs. La crise a accéléré le processus », confirme Malika Bouchehioua, DRH de Derichebourg. Le groupe anticipe la pérennisation du télétravail, réduisant d’autant son activité de nettoyage des bureaux. Directement concernés par cette nouvelle configuration du marché, les 12 000 agents de propreté dont 70% de femmes occupées à temps partiel.

Sécuriser

Les problématiques de ces deux groupes s’inscrivent dans l’esprit TransCo. Pour aboutir, Derichebourg devait convaincre les partenaires sociaux. Le calendrier a joué en sa faveur. Entre mi-2019 et mi-2020, une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) d’ampleur a été menée et a révélé 130 emplois repères pour lesquels il fallait porter une attention particulière. Parmi eux — et même si le terme ne sera utilisé que dans le cadre de TransCo — des métiers fragilisés. Le dialogue social était donc déjà amorcé. Mais pas question pour la direction d’arriver les mains vides. « Il était essentiel de pouvoir proposer aux partenaires sociaux des solutions concrètes et sécurisées. La promesse d’embauche de Korian, la qualification ouverte par la formation d’aide-soignant et le passage d’un temps partiel à un temps plein ont facilité le dialogue social », précise Malika Bouchehioua. Les deux entreprises ont également travaillé à la sécurisation du parcours. « Il était essentiel de prévoir un sas d’orientation et d’intégration. Nous nous engageons à recruter les futurs stagiaires. Le process se rapproche donc de celui d’un pré-recrutement en CDI. Nous avons ainsi co-construit avec la plateforme Invie une semaine de découverte du métier d’aide-soignant, d’évaluation de l’appétence et du positionnement du candidat », ajoute Nadège Plou.

Accompagner

Au-delà de l’accompagnement du conseil en évolution professionnelle (CEP) prévu par le dispositif, Derichebourg suit de près les volontaires engagés dans TransCo. Le groupe finance 60% du coût de la rémunération d’un temps complet. De son côté, Korian finance le reste à charge de la formation. Le spécialiste du soin a beaucoup investi dans la formation sur ses métiers en tension et peut aujourd’hui s’appuyer sur des parcours « maison ». « Nous avons fortement développé la VAE et l’apprentissage. Il y a eu un gros travail d’identification des compétences et d’ingénierie de formation. Nous avons structuré des parcours hybrides et modulaires en nous appuyant, notamment, sur l’Afest et la VAE», précise Nadège Plou. On le comprend, le déploiement de TransCo ne s’improvise pas. « Cette démarche exige un travail d’anticipation, de préparation et d’accompagnement important. Le dispositif TransCo n’est pas une alternative à un PSE mais bien un levier supplémentaire de gestion des ressources humaines », conclut Malika Bouchehioua.


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