L'Opiiec publie un rapport sur le métavers

On le croyait disparu des radars, le métavers revient dans l'actualité avec un rapport de l'Opiiec dédié à l'impact des technologies immersives dans la branche des bureaux d'études. L'occasion de cartographier l'écosystème français du métavers, incluant les entreprises conceptrices, l'offre de formation et les certifications disponibles.

Par - Le 21 janvier 2026.

Le métavers ? Centre Inffo y a consacré nombre d'articles tout au long de l'année 2022, avec une dernière salve publiée en janvier 2023 (ici et ici). Comme l'intelligence artificielle aujourd'hui, le métavers apparaissait alors comme un nouvel Eldorado que la France appelait à conquérir dans un rapport interministériel. C'était en novembre 2022, juste avant que la sortie mondiale de ChatGPT 3.5, le 30 novembre, ne porte un coup d'arrêt à l'essor des univers virtuels.

Dans sa version imaginée par Facebook devenue Meta pour l'occasion, on peut parler d'un mode pause : le métavers n'a à ce jour pas massivement atteint le grand public, et ne subsiste dans l'univers professionnel qu'à travers l'intérêt que représente les technologies immersives. Précisément l'objet du rapport que l'Opiiec, Observatoire des métiers du numérique, de l'ingénierie, du conseil et de l'événement, a consacré à « l'évolution des métiers de la branche bureaux d'études face à l'intégration du métavers dans les entreprises. » Au-delà d'une analyse exhaustive des technologies immersives, le rapport inscrit le métavers dans ce qui apparaît comme une aventure industrielle certes inachevée, mais qui n'en a pas moins trouvé quelques applications concrètes en formation.

Cas d'usages

En matière de maintien et développement des compétences, plusieurs secteurs recourent aux technologies immersives pour l'acquisition de nouvelles compétences, la réadaptation des gestes professionnels et l'expérimentation de situations professionnelles exceptionnelles ou risquées. Il s'agit à la fois de s'affranchir des risques inhérents aux manipulations réelles et de réduire les coûts de formation, notamment ceux liés à l'immobilisation de matériel ou d'infrastructures techniques. Exemple dans le BTP, où la réalité virtuelle est utilisée pour la prévention des risques professionnels et la pratique de nouveaux gestes dans un environnement sécurisé, les succès étant validés par l'obtention d'Open Badges. De même dans le secteur nucléaire, où des environnements immersifs sont créés pour reproduire des installations critiques, permettant ainsi de continuer à former les techniciens et de simuler des situations accidentelles qui seraient impossibles en conditions réelles. Le rapport de l'Opiiec le montre également, les applications ne se limitent pas aux gestes techniques mais concernent aussi des domaines comme les soft skills et la RSE, avec une mobilisation de la réalité virtuelle pour favoriser l'engagement émotionnel et la mémorisation.

Orientation

Le concept d'univers virtuel se révèle aussi utile pour des objectifs de sensibilisation et de découverte métier. C'est par exemple le cas dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, où des modules immersifs recréent l'environnement sensoriel du travail (bruits d'ambiance, odeurs diffusées par des fioles), pour pallier le manque de lien avec la réalité du terrain dans les sessions de découverte de métiers.

Également parfois utilisé pour l'intégration des nouveaux collaborateurs et le développement de la culture d'entreprise, le concept de métavers est dans ce cas davantage questionné, avec un risque élevé d'être perçu comme un « gadget » sans réelle valeur ajoutée par rapport à des solutions plus classiques.

Offre de formation

Le rapport de l'Opiiec témoigne d'une offre de formation universitaire en lien avec les technologies immersives relativement peu développée, essentiellement concentrée sur la 3D avec des diplômes de niveau licence à master 2. Géographiquement, quatre régions regroupent 60 % des sessions ouvertes (Île-de-France, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine). S'ajoute à cette offre quelque 62 certifications actives, majoritairement associées à des diplômes e niveau 6 et 7, recensées sur le répertoire national de la certification professionnelle (RNCP) et le répertoire spécifique (RS).

PLAN D'ACTION
Le rapport de l'Opiiec propose en conclusion cinq fiches-action couvrant trois thématiques principales.Formation et sensibilisation aux technologies immersives

  • Action 1 - Appuyer le développement d'une offre de sensibilisation aux technologies immersives.
  • Action 2 - Mettre en place une formation d'acculturation pour les développeurs qui intègrent les entreprises conceptrices de solutions immersives.

Plaidoyer et structuration

  • Action 3 - Structurer et animer un réseau d'acteurs des technologies immersives au service de la formation.
  • Action 4 - Sensibiliser les organismes de formation aux solutions immersives, notamment en produisant un guide de bonnes pratiques pour leur intégration dans les parcours pédagogiques.

Veille et structuration du réseau d'acteurs

  • Action 5 - Mettre en place une veille technologique et sectorielle partagée, en partenariat avec des Opco.