La journée nationale d’information et d’échange organisée par la Fnadir le 2 juin 2022 était consacrée aux nouveaux modèles économiques des CFA.

Les CFA en quête de nouveaux modèles économiques (journée Fnadir)

Dans un marché de l’apprentissage transformé par la réforme et par la crise sanitaire, les problématiques de développement, de diversification et d’investissement deviennent stratégiques pour les directeurs de centres de formation d’apprentis (CFA). La journée nationale d’information et d’échange organisée jeudi 2 juin par leur fédération, la Fnadir, a été l’occasion de faire le point sur ces enjeux structurants et de dresser un panorama des leviers à actionner.

Par - Le 07 juin 2022.

Assimiler les évolutions du marché dans lequel ils évoluent, adopter de nouvelles pratiques administratives et financières, décrocher la certification qualité devenue incontournable, gérer les effets de la crise sanitaire… Après avoir passé deux années à adapter leur organisation au cadre fixé par la réforme et à parer à l’urgence, les directeurs de centres de formation d’apprentis (CFA) commencent à regarder plus loin et à se projeter dans l’avenir. Pour réussir sur un marché ouvert à la concurrence dont les recettes – les niveaux de prise en charge définies par les branches – risquent d’évoluer à la baisse, il leur faut désormais inventer de nouveaux modèles économiques. Ce sujet était au cœur de la journée nationale d’information et d’échange organisée le 2 juin par la Fédération nationale des directeurs de CFA, la Fnadir.

Dégager des capacités d’autofinancement

Avec la loi de 2018, « nous sommes passés d’une logique de gestion de centre de coûts à une logique de gestion de centres de profit avec la nécessité de développer des capacités d’autofinancement pour assurer notre développement », résume Jean-Philippe Audrain, premier vice-président de la Fnadir. Les « chefs d’entreprise éducative » que sont devenus les directeurs de CFA, selon les termes de Pascal Picault, le président de leur fédération, ont désormais l’œil rivé sur leur trésorerie et leur niveau de rentabilité.

Développer et diversifier ses activités

Le nouveau mode de financement au contrat basé sur un montant forfaitaire ne couvrant que les investissements dont la durée d’amortissement n’excède pas trois ans incite les CFA à développer leur activité, à diversifier leur offre et à explorer de nouvelles sources de financement. Certains ouvrent de nouvelles sections d’apprentissage ou se lancent dans la formation continue, d’autres louent leurs plateaux techniques et autres équipements… Et si les capacités d’autofinancement ne suffisent pas, il faut aller chercher d’autres leviers d’investissement. Plusieurs options s’offrent aux CFA : s’adresser aux Régions qui disposent d’une enveloppe dédiée aux dépenses d’investissement ou répondre aux appels à projets des opérateurs de compétences, de l’Etat et autres acteurs, une solution qui permet de disposer d’un apport ponctuel, « à condition de convaincre de la pertinence de son projet » souligne Estelle Collet, expert-comptable et commissaire aux comptes au sein du cabinet Orcom. Autres solutions : souscrire un prêt bancaire ou réaliser une levée de fonds auprès d’investisseurs comme la Banque des territoires.

S’appuyer sur des fonds d’investissement

Cette entité de la Caisse des dépôts a lancé fin 2021 des solutions de financement destinées au CFA. Elles se déclinent en différents instruments financiers : apport en capital pour les CFA organisés en société et autres formules (prêt subordonné à intérêt participatif, emprunt obligataire, titres associatifs, etc.) pour les CFA structurés en association. La Banque des territoires qui intervient à hauteur de 50% aux côtés d’autres acteurs – tels que France Active ou des fonds d’investissement à impact – pour des besoins en financement d’un minimum de 400 000 euros, a déjà accompagné trois CFA cette année; Un quatrième dossier est en cours d’examen. « Notre objectif est de soutenir cinq CFA en 2022 et de passer à 10 ou 15 en 2023 », précise Benoît Sénéchal responsable du pôle formation de la Banque des Territoires. En plus de leur soutien financier, ces investisseurs apportent leur expertise du marché de la formation et accompagnent les CFA dans leurs choix stratégiques.

S’allier à de nouveaux partenaires

Dans leur quête de développement et d’innovation, un des enjeux pour les directeurs de CFA sera de s’approprier les codes de nouveaux partenaires, ceux issus de la finance mais pas seulement. Les organismes qui ne se seront pas en mesure d’atteindre une taille critique pour assurer leur développement sur tous les fronts auront intérêt à jouer la carte de la mutualisation. Comme le souligne François Falise, du cabinet de conseil Toutenkaro, des partenariats aux contours différents vont se développer à l’avenir « que ce soit dans le champ du sourcing, du partage de plateaux techniques, du codéveloppement d’outils pédagogiques, de participation à des activités tierces… ». D’où la nécessité d’identifier précisément ses atouts et sa valeur ajoutée pour les valoriser auprès de futurs partenaires.

La Fnadir s’adapte à la nouvelle donne

Pour aider les 500 directeurs de CFA qu’elle fédère à trouver leurs marques et à évoluer dans un marché transformé, la Fnadir renforce son offre de services. En plus de l’appui du cabinet Orcom sur les sujets financiers, la fédération proposera à ses adhérents un service d’accompagnement juridique à la rentrée. Un appel d’offres est en cours pour sélectionner un prestataire. Pour soutenir la professionnalisation des dirigeants de CFA, la Fnadir prévoit par ailleurs de créer une plateforme de formation et de micro-certifications. Une solution technique a été déjà été retenue. Reste à trouver un partenaire financier pour le développement de la plateforme, précise Pascal Picault, le président de la fédération.


A lire aussi :

Le dossier consacré aux transformations du marché de l’apprentissage et des CFA paru dans le numéro 1028 d’Inffo Formation daté du 15 mars 2022

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