Chez Enedis, 1 000 apprenants bénéficient d’une Afest chaque année

1 000 compagnons formés à la posture réflexive, plus de 1 000 apprenants bénéficiaires d’une Afest par an et 6 000 accompagnements recensés en 2018 chez Enedis, le réseau de distribution de l’électricité…tel est le bilan présenté par Jean-François Thiéry, pilote du projet Afest de l’entreprise, lors des 16ème rencontres du Fffod (9-10 octobre à Dijon)

Par - Le 14 octobre 2019.

Bien avant le vote de la loi « avenir professionnel » du 5 septembre 2018, la direction de la formation et de la professionnalisation de l’entreprise a expérimenté puis déployé des actions de professionnalisation en situation de travail (PST). Sa démarche a ainsi fait l’objet d’une recherche menée entre 2013 et 2017 pour interroger les effets de cette modalité pédagogique (voir notre article). 

À l’occasion des 16ème rencontres du Fffod [ 1 ]Forum des acteurs de la formation digitale, qui se sont déroulées à Dijon les 9 et 10 octobre dernier sur le thème « l’Afest [ 2 ]Action de formation en situation de travail, un atout pour la formation à distance et la multimodalité », Jean-François Théry a été invité pour un retour d’expérimentation. « Entre 2010 et 2012, 43 % de notre population de techniciens a été renouvelée. De plus, cette période correspond à l’arrivée des compteurs Linky qui a impacté 75 % de nos métiers. De nombreuses missions que des milliers de personnes devaient auparavant effectuer chez les clients n’étaient plus nécessaires. Une montée en compétences était donc importante dans ce contexte », explique-t-il.

Plusieurs étapes

Enedis a ainsi pris la décision « de regrouper les activités de ses techniciens réseaux et de ses techniciens clientèle, qui sont tous devenus des techniciens polyvalents » et de mettre en place des parcours multimodaux, basés sur la PST, et mettant à contribution les outils numériques.

« Les parcours se déroulent en plusieurs étapes. Pour permettre la découverte de l’activité, nous proposons d’abord une classe virtuelle, puis une “ immersion dirigée ” – la personne accompagne et observe une équipe en mission. Un module e-learning permet ensuite à l’apprenant d’assimiler les aspects théoriques et réglementaires. Il doit également effectuer un stage présentiel de quatre jours. C’est à l’issue de tout ceci qu’à lieu la PST », détaille Jean-François Thiéry. L’immersion dirigée et la PST sont toutes deux accompagnées par un « compagnon », qui observe l’apprenant et lui fait ensuite un retour.

Une démarche bien acceptée

Selon le pilote du projet Afest, la mise en place de ce système a constitué une rupture, notamment pour les compagnons « qui n’avaient pas l’habitude d’adopter une posture réflexive», mais aussi pour les managers qui ont dû changer leur manière d’aborder montée en compétence des techniciens. « Il leur faut d’avantage planifier. Trouver le bon chantier, le bon compagnon, s’assurer que les personnes sont disponibles… »

Cependant, dit-il, la démarche est désormais bien acceptée. « Nous avons menés une enquête, à laquelle 600 apprenants, compagnons et managers ont répondu. Il apparaît que huit apprenants sur dix disent gagner en confort et en sécurité dans la réalisation de leurs activité grâce a la PST. Huit compagnons sur dix se sentent utiles dans le processus de montée en compétence et adhèrent à la spécificité de la posture d’accompagnement. 71 % managers pensent mieux piloter la montée en compétence des apprenants grâce à la PST. »

Notes   [ + ]

1. Forum des acteurs de la formation digitale
2. Action de formation en situation de travail

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