« En Autriche, 80 % de la formation se déroule en entreprise » (Kurt Schmid, expert en apprentissage pour le Cedefop)

Kurt Schmid, chercheur à Institut autrichien de recherche & développement en formation et enseignement professionnels (IBW) revient pour Centre Inffo sur les spécificités du système d’apprentissage en vigueur dans son pays.

Par - Le 18 octobre 2019.

« Environ un tiers d’une classe d’âge fait le choix de l’apprentissage en Autriche. » indique Kurt Schmid, chercheur à l’IBW [ 1 ] Institut für bildungsforschung der wirtschaft. Il s’exprime en marge de la rencontre annuelle de la communauté d’experts en apprentissage du Cedefop [ 2 ]Centre européen pour le développement de la formation professionnelle, qui s’est tenue le 8 octobre à Paris (voir notre article). Créée fin 2018, cette communauté réunit des spécialistes indépendants, issus de chaque pays de l’UE, ainsi que de Norvège et d’Islande, dans l’optique créer un pôle européen de connaissances sur l’apprentissage. Kurt Schmid est l’expert désigné pour l’Autriche.

Un système ancien

« L’apprentissage autrichien est très ancien, très établi, puisque son origine remonte au moyen-âge », explique-t-il. Comme en France, il coexiste avec une voie de formation professionnelle initiale scolaire. « L’une des caractéristiques de notre système, c’est que la formation se déroule à 80 % en entreprise et seulement à 20 % en école professionnelle », explique-t-il. « Il fait partie des systèmes d’apprentissage centrés avant tout sur le travail [ 3 ]Work-based apprenticeship. La première étape, pour les jeunes, est de décrocher un contrat avec une entreprise. Ceci fait, l’intégration dans une école professionnelle est automatique. La dynamique est donc différente des systèmes davantage centrés sur les établissements [ 4 ]School-based apprenticeship dans le cadre desquels l’inscription dans un centre de formation précède généralement le contrat. Il me semble que c’est le cas de la France. »  Les écoles professionnelles sont financées par des fonds publics, tandis que la formation en entreprise est payée par l’entreprise elles-mêmes.

Rôle important des partenaires sociaux

Par ailleurs, il souligne que les partenaires sociaux (issus des chambres de commerce, chambres du travail…) ont un rôle de premier plan. Ils définissent presque tous les aspects de la formation en apprentissage, selon les secteurs : profils de compétences attendus, durées des formations, salaires des apprentis, articulation entre formation théorique et pratique…

« Comme tous les pays, l’Autriche souffre du fait que l’apprentissage est moins attractif que l’enseignement académique et les cursus universitaires », souligne Kurt Schmid. « Mais bien-sûr, cela dépend du secteur – la mécatronique a plus de succès que la maçonnerie, par exemple – mais aussi de l’entreprise. » S’il affirme qu’aucune réforme n’est prévue, il fait néanmoins valoir que des mesures ont été prises pour répondre à certaines difficultés constatées. Par exemple, le dispositif « Jugend am Werk » permet à tout jeune n’ayant pas réussi à décrocher un contrat d’apprentissage, d’entamer sa formation dans un centre d’apprentissage dédié.

« Le défi est aussi de faire en sorte que les formations soient en phase avec les besoins changeants de l’économie. Mais aussi d’améliorer sans cesse la qualité de la formation au sein des écoles professionnelles et des entreprises. », dit Kurt Schmid. Sur le plan local, les chambres de commerce, apportent conseils, informations et soutien aux entreprises tout au long du contrat.

Pour en savoir plus sur le système autrichien, rendez-vous sur la base de données du Cedefop.

 

Notes   [ + ]

1. Institut für bildungsforschung der wirtschaft
2. Centre européen pour le développement de la formation professionnelle
3. Work-based apprenticeship
4. School-based apprenticeship
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