Rencontre Epale : « Territoires apprenants et tiers-lieux sont des espaces inspirants » (André Chauvet)

Interrogé en marge de la 10è rencontre thématique Epale France consacrée aux tiers-lieux apprenants (Paris, 30 octobre 2019), le consultant André Chauvet est revenu pour le Quotidien de la formation sur la notion de « territoires apprenants ».

Par - Le 08 novembre 2019.

Avec la notion de territoire apprenant, se dessine l’idée qu’au-delà des lieux académiques de transmission des savoirs que sont les écoles, les universités ou les centres de formation, les territoires du XXIè siècle ont à imaginer de nouveaux aménagements. Il s’agit à la fois de faciliter la rencontre et de mettre à disposition de toutes les composantes de la société des ressources, qui permettront aussi bien l’acquisition de compétences que le développement de projets.

Le territoire apprenant est un territoire fluide, qui permet une mobilisation collective des citoyens au service de l’apprentissage. Cette mobilisation s’inscrit dans des situations productrices d’apprentissage, mais qui n’ont pas pour seul but l’apprentissage. Selon certaines conditions, qui restent difficiles à modéliser, le consultant André Chauvet (voir notre portrait), explique que les territoires, comme les tiers-lieux, ont un « potentiel d’action, de solidarité, de citoyenneté et, bien sûr, d’apprenance ». On peut parler d’espaces « capacitants ».

Pédagogies actives

En s’appuyant sur Denis Cristol[ 1 ]Directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), voir l’article d’André Chauvet sur la plateforme Epale., André Chauvet souligne que « les lieux sont révélateurs d’une certaine conception de l’apprentissage ». Et à l’inverse des amphithéâtres universitaires, espaces inchangés durant des siècles, les tiers-lieux apparaissent comme non exclusifs d’un savoir particulier, tournés « vers la fabrication du lien », au-delà « de la fabrication tout court », analyse André Chauvet. Souvent éphémères, ces tiers-lieux révèlent un agencement créateur d’une dimension d’apprentissage qui remet au centre « la question du faire ensemble », traçant là une filiation avec les pédagogies actives du début du XXème siècle.

« Pairagogie »

Une autre particularité des tiers-lieux soulignée par André Chauvet témoigne d’une nouvelle répartition des rôles. L’enseignant, le professeur ou le formateur ne sont plus les uniques détenteurs de la fonction de transmission. On voit en effet se développer la « pairagogie », modalité qui désigne l’apprentissage par les pairs. Les tiers-lieux sont ainsi fondateurs d’une nouvelle « mise en scène des savoirs ». Ils innovent par leur « capacité à les agencer et à fabriquer de nouvelles ingénieries » : ils savent utiliser l’espace pour créer des « lieux inspirants » qui facilitent  la circulation des savoirs.

Et parce qu’ils sont aussi des zones de création et de mise en œuvre de projets, ils permettent et favorisent la construction de la compétence, toujours dans une dimension collective.

En écho à sa 10è rencontre thématique, Epale France lance une discussion « Tiers-lieux : quelles sont les conditions nécessaires pour développer l’apprenance ? » : https://epale.ec.europa.eu/fr/node/135380

 

Notes   [ + ]

1. Directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), voir l’article d’André Chauvet sur la plateforme Epale.

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