La ministre du Travail s’engage à « consolider le développement de l’apprentissage »

Perspectives de la rentrée 2021, effets de la réforme de 2018 sur les CFA et financement de l’apprentissage : sur tous ces sujets la ministre du Travail a tenu à rassurer les directeurs de CFA réunis lors d’un webinaire organisé mardi 29 juin par leur fédération, la Fnadir.

Par - Le 01 juillet 2021.

Moment charnière pour les centres de formation d’apprentis (CFA). Après une année record, avec plus de 516 000 entrées en apprentissage enregistrées dans le privé en 2020, les regards des adhérents de la Fédération nationale des directeurs de CFA, la Fnadir, qui tenait sa journée d’informations et d’échanges à distance, mardi 29 juin, se portent désormais sur la rentrée 2021. Point positif, les aides exceptionnelles à l’embauche ont été reconduites « à l’identique jusqu’au 31 décembre 2021, dans le secteur privé comme dans la fonction publique territoriale » a rappelé la ministre du Travail en clôture de la manifestation. De quoi sécuriser les employeurs dans leurs recrutements.

Fluidifier les process de gestion

Au-delà des effectifs d’apprentis, se pose la question de la qualité des process de gestion et de financement des contrats suite à la réforme de 2018. La prise en charge des contrats par les opérateurs de compétences, en 2020, a occasionné d’importants changements dans les organisations et créé des turbulences au niveau de la trésorerie des CFA. Des groupes de travail ont été mis en place avec les opérateurs de compétences pour normaliser et harmoniser les pratiques. Des échanges qui devront se traduire par « de la fluidité parce que nous avons un modèle économique à tenir », souligne Pascal Picault, vice-président de la Fnadir. Sur ce sujet, Elisabeth Borne s’est voulue rassurante : « nous continuerons à travailler pour lever tous les freins qui perdurent. » La ministre du Travail qui a mobilisé ses services dans le cadre du comité technique inter-opco, à la demande de la Fnadir, sera attentive aux résultats des travaux qui seront présentés prochainement.

Des ambitions confirmées

Conséquence là encore de la réforme, les CFA doivent transmettre tous les ans à France compétences leur comptabilité analytique. Sur le terrain, cette nouvelle obligation suscite interrogations et craintes de voir les niveaux de prise en charge évoluer à la baisse. Des inquiétudes auxquelles a répondu la ministre du Travail, en précisant, que ce travail devait permettre aux branches de déterminer « sur une base objectivée » les niveaux de prise en charge « sans présupposer d’un niveau de baisse ». Et rappeler que l’objectif du gouvernement est « d’ancrer dans la durée les résultats obtenus depuis la réforme et de maintenir un haut niveau d’entrées en apprentissage. » « L’approche strictement budgétaire n’est pas celle qui dicte notre action », a-t-elle souligné.

Prudence de France compétences

A ce stade, la procédure de remontée des données comptables se déroule bien, selon Stéphane Lardy, directeur général de France compétences. Fin juin, 1 500 structures ont activé leur compte sur la plate-forme et 60% d’entre-elles ont téléchargé le document qui servira à renseigner, d’ici au 15 juillet, leurs données à France compétences. « Il s’agit d’un premier exercice, nous serons prudents sur les analyses que nous serons amenés à faire », précise Stéphane Lardy.

Quel financement demain ?

Si le sujet du financement a été si présent lors de cette journée d’informations et d’échanges, c’est parce qu’il soulève des questions de fond sur l’avenir de l’apprentissage. « Nous sommes à la croisée des chemins », estime le consultant Jean-Pierre Willems. Maintenir un financement de l’apprentissage à partir de ressources finies implique de définir des priorités ce qui conduira à revenir en quelque sorte au modèle qui était en vigueur pendant des années. « L’alternative c’est de construire une voie éducative dans l’esprit de la réforme ce qui suppose de s’en donner les moyens », souligne Jean-Pierre Willems. Une option qui nécessitera de trouver des ressources autres que celles des contributions des entreprises. Le débat entre ces deux visions de l’apprentissage pourrait, selon lui, s’inviter lors des prochaines élections présidentielles.

 

Libéralisation de l’apprentissage, deux ans après…

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