TransCo pose des questions de mise en œuvre aux directeurs des ressources humaines (ANDRH)

TransCo place les entreprises et leurs salariés au cœur de son déploiement. Les DRH disposent d’un nouvel outil de reconversions professionnelles ancré dans les territoires pour répondre aux enjeux stratégiques de transformation des métiers. Innovant, le dispositif pose, à ce stade, des questions de mise œuvre et de lisibilité.

Par - Le 16 mars 2021.

Sur le papier, TransCo séduit. « Il est important aujourd’hui d’adresser l’enjeu de la transformation des métiers. L‘ancrage territorial du dispositif est une dimension très intéressante et déjà utilisé dans de nombreux pays », déclare Laurence Breton-Kueny, vice-présidente de l’ANDRH, l’association des directeurs des ressources humaines (DRH). La question des reconversions professionnelles posée aux entreprises par la révolution numérique et la transition énergétique prend une nouvelle dimension face à la crise. Les transformations s’accélèrent. Dans le cadre du plan de relance, l’Etat soutient ces efforts de mutation et ouvre des  leviers de financement autour du FNE-Formation « acte 2 » piloté par les Opco et de TransCo. Encore faut-il que les entreprises s’en saisissent.

Enjeu de lisibilité du dispositif

Premier impératif, selon l’ANDRH, permettre aux entreprises de s’approprier le nouveau dispositif. Selon une étude de l’association auprès de ses adhérents, près de 30% des DRH ne le connaissent pas et 64% d’entre eux ne se sentent pas concernés. L’ANDRH a mis en ligne un mémo sur son site et prépare des webinaires. Mais, à ce stade, TransCo laisse encore des zones d’ombre. « Le dispositif pose des questions sur la relation entre le salarié et l’entreprise pendant la durée du parcours et, plus largement, des interrogations sur sa mise en œuvre », confirme Laurence Breton-Kueny. L’ approche expérimentale de TransCo implique d’instaurer des relations de confiance. Les partenaires sociaux et les entreprises doivent s’engager pour rassurer les salariés et leur donner envie de s’emparer de leurs reconversions professionnelles.

Enjeu de cohérence sur l’identification des métiers

TransCo interroge également la capacité des entreprises à réaliser une GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels (ex-GPEC). La démarche diversement déployée se complique avec l’introduction de la notion de métier fragilisé. Comment la qualifier et à quel horizon ? Au bout du parcours TransCo, même difficulté de définition et d’identification pour les métiers dits « porteurs ». Le process est clair. Les Direccte, en lien avec le Crefop, travaillent sur des listes et les publient sur leurs sites.  Sur leur contenu, en revanche, les spécialistes de ressources humaines restent vigilants. « Les listes des métiers porteurs sont-elles bien la traduction des besoins des entreprises ? », s’interroge Laurence Breton-Kueny qui regrette que les DRH n’aient pas été consultés lors des concertations. TransCo fait ses premiers pas. Dans l’attente de projets concrets et de leur mise en œuvre, les entreprises n’en saisissent pas encore les contours. Or, sans leur implication, le dispositif ne décollera pas. Les appels à manifestation d’intérêt devraient bientôt livrer des retours d’expérience. L’amorçage sera déterminant.


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